Vitaminé, tel est l’adjectif qui qualifie ce cocktail de funk, métal, hip-hop et jazz concocté par Incubus en 1997, dans une sorte d’euphorie communicative. Le groupe fait encore partie des espoirs de la famille métal-fusion mais vient de signer sur le label Immortal Records. Une étape importante pour ces musiciens issus de la scène universitaire californienne.
Leurs détracteurs n’ont vu chez Incubus que des continuateurs des Red Hot Chili Peppers et Faith No More. Certes on sent, du premier titre
« Redefine » au dernier cri de
« Calgone », l’influence des ainés. Mais une musique est toujours inspirée d’une autre et Brandon Boyd ne cache pas son admiration pour Mike Patton et Anthony Kiedis. C’est donc avec maîtrise que ses textes malins, sa voix tantôt « rappée », tantôt posée, tantôt éraillée, soufflent le froid et surtout le chaud sur nos platines.
Car, antithèses de groupes et postulats grunges, ces californiens ont un message positif et progressiste.
« A Certain Shade of Green » implore la jeunesse de ne pas tomber dans la procrastination, de rester éveillée. Les guitares qui hoquètent sur
« Calgone » illustrent ce qu’ils fustigent : la peur d’agir. Avec
« Summer Romance – Antigravity Love song », Incubus s’octroie une pause jazz grâce au saxophoniste Jeremy Wasser. Enfin, pour sa dernière collaboration avec le groupe, électro-dub et trip-hop sont distillés par Gavin Koppell (alias DJ Lyfe) aux platines et samples, et concentrés sur
« Glass » et
« Magic Medicine ».
Exubérant et courageux, cet album a le défaut des premières œuvres dans lesquelles on veut tout dire, trop dire, au risque de s’éparpiller.
S.C.I.E.N.C.E. est peut-être imparfait, mais possède un groove et une énergie irrésistibles. En manipulant les ingrédients dans leur laboratoire, les démons d’Incubus se sont approchés de la formule de l’élixir de jouvence.
Anne Yven - Copyright 2012 Music Story