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5.0 étoiles sur 5
S.F.X., 9 juin 2011
Hosono, 10 ans après avoir débuté une carrière en solo, cheveux courts, visage lissé, imberbe, du folk-rock passé par l'exotica teintée d'électronique, puis créé un peu pour rire le Yellow Magic Orchestra avec Sakamoto et Takahashi, devenus pionners de la techno et de l'electro-pop. Revenu de ses expériences en groupe, Hosono se retrouve seul à nouveau, avec ses amis, énumérés dans le livret, Roland TR909, Roland TR808, KORG SDD-100, YAMAHA DX-7... La musique comme science-fiction, comme extrapolation vers le futur via les découvertes technologiques. Le futur en 1984, c'est le hip-hop, entendu dès les premières mesures de "Body Snatchers", samples et scratches décalquent la voix, avant la lancée d'un funk synthétique (Hosono, bassiste toujours), la raideur des machines tordue et balancée sur la piste de danse, accents de synthés old-school et beats saccadés, multiplication des mélodies et cassures de rythmes à gogo, Hosono frappe fort d'entrée. "Androgena", synth-pop à base de piano, un peu jazzy et latin au refrain, avec la participation de Miharu Koshi, égérie new-wave, aux choeurs, de l'électro pour piano-bar rétro-futuriste avec son solo à la couleur indéfinissable. "S.F.X.", pre-techno expérimentale où Hosono balance tous les sons qui lui tombent sous la main et concocte un hommage au cinéma de science-fiction et d'horreur des années 80, les ambiances s'entrechoquent, les samples sont trafiqués en direct, les beats partent en vrille, paranoia urbaine au programme, comme une session de free-jazz. Puis le fantastique "Strange Love" dédié à Stanley Kubrick, chanson techno-pop parfaite comme à l'époque de YMO, orientale, funky et cérébrale, au refrain légèrement cartoonesque, synthés aériens et beats irrésistibles. Et "Alternative 3", fascinant culbutage de sons qui prennent la tête, de boites à rythme travaillées au corps, de samples découpés au hachoir, une potion ahurissante et avant-gardiste qui préfigure déjà tout l'abstract hip-hop avec plus de 10 ans d'avance, le morceau qui rend fou, qui met en transe et ne cesse de rebondir sur lui-même sans savoir où il va atterrir. Après une telle expérience, Hosono calme le jeu, sur des nappes de synthés flottantes, un mélodie au piano calme comme la mer au petit matin, ou en apensanteur, "Dark Side of the Star", observant sereine la Terre et son chaos d'un lointain satellite. Haruomi Hosono, lui-même est déjà loin au-delà de tout le monde, comme depuis toujours, a contempler les prochains domaines sonores à défricher.
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