Première impression : une voix grave sur un rythme lancinant. Bill Callahan (que certains peuvent connaître sous le nom de Smog) a un discours d'une sobriété séduisante, d'élégantes mélodies plutôt tranquilles pour s'envoler tel l'aigle Royal au sommet des Rocheuses. Les grands spécialistes le classerait dans la catégorie « country alternative lo-fi ». Moi, je le place simplement à coté de mes disques de
Lambchop...
Et puis voilà, ce qu'en dit les Inrocks : « Ses compositions ont ainsi gagné en clarté, même si la lumière qui les traverse provient toujours de l'intérieur, selon le procédé des lanternes magiques largement utilisé en son temps par Leonard Cohen. Ou par Lou Reed, dont Callahan se rapproche de plus en plus avec l'âge, le Lou légèrement déphasé de Coney Island Baby (le poignant Jim Cain) qui croiserait en terrain déminé le John Cale expressionniste de Paris 1919 (le cabaret pop de Eid ma clack shaw). » Alors, comme je suis un inconditionnel de Lou Reed...
Je n'ai rien à reprocher à cet album, sublime de bout en bout, à la limite onirique qui me fait penser à un survol de l'Amérique profonde comme si je lisais un roman du Montana, une oeuvre de
Thomas McGuane, par exemple. Parmi vous, je sais que certains trouveront cette musique totalement ennuyeuse et d'un intérêt limité surtout sur la longueur. Pour ma part, à chaque écoute, je me retrouve vers les cimes les plus majestueuses proches du Nirvana. L'éveil n'est pas loin, le retour sur Terre plus difficile...