15 internautes sur 16 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
L'album de la maturité, 12 décembre 2005
"Sabbath Bloody Sabbath" est-il le meilleur album de Black Sabbath ? Si "
Paranoid" reste le plus culte, "Sabbath Bloody Sabbath" est sans le doute le plus ambitieux, le plus professionnel, le plus abouti. Car après cinq albums et de nombreuses tournées, le groupe a pu évidemment affiner son style, son jeu ainsi que ses compositions et ses arrangements, et la maison de disques n'a pu que suivre en termes de budgets de production.
La section rythmique, composée de Bill Ward à la batterie et Geezer Butler à la basse, est toujours aussi efficace, même si plus discrète. Tony Iommi maîtrise parfaitement son jeu et n'a jamais joué avec autant de sobriété et c'est peut-être sur "Sabbath Bloody Sabbath" qu'Ozzy Osbourne chante le mieux. On a l'impression que le groupe a omis la virtuosité pour se concentrer davantage sur les compositions et les arrangements (utilisation d'instruments supplémentaires : cordes, claviers, etc).
Tout est ici excellent, que ce soit le titre éponyme (avec ses riffs très Heavy Metal, et ses passages un peu jazzy), "A National Acrobat" (dans la tradition du groupe, mais plus mélodique), "Fluff" (une belle balade instrumentale, genre auquel Tony Iommi nous a habitués), "Sabbra Cadabra" (avec son riff caractéristique et l'utilisation judicieuse des claviers), "Killing Yourself To Live" (un titre vraiment excellent), l'énigmatique et hypnotique "Who Are You", "Looking For Today" (dans une veine très sabbathienne), ou "Spiral Architect" et ses arrangements somptueux.
D'aucuns regretteront peut-être un album un peu trop propre dans sa production, trop mélodique pour un album de Metal. Mais Black Sabbath a déjà passé les frontières de ce style qu'il a créé, ce qui va se confirmer sur les albums suivants. Alors, pour revenir à la question de départ... ce sera à vous de trancher.
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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
La sophistication, 6 août 2009
C'est l'album le plus ambitieux et le plus sophistiqué dans la carrière de Black Sabbath. D'emblée l'auditeur est pris d'assaut par les riffs tournoyants de Iommi sur le morceau "Sabbath bloody sabbath" titre de cet opus. C'est du Metal avant l'heure tout en étant délicat et raffiné.
Le groupe se distingue avec les deux morceaux chocs que sont "A national Acrobat" et "Sabbra Cadabra" entrecoupé par l'excellent instrumental acoustique "Fluff".
Black Sabbath atteint les sommets avec "Killing yourself to live" ainsi que le macabre "Who are you?" avec comme invité aux synthés Rick Wakeman. Le chant de Ozzy est particulièrement morbide et vicieux et jamais il n'a aussi bien chanté sur cet album.
"Looking for today" est peut être le morceau le plus dispensable mais il y a une certain désir de recherche affiché par le groupe.
Il est évident que le groupe est devenu plus mature musicalement, notamment avec le fièvreux "Spiral architect". Un des plus beaux morceau de Black Sabbath.
En tout cas sans cet album il n'y aurait certainement pas eu de Alice in Chains ou de Soundgarden.
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17 internautes sur 24 ont trouvé ce commentaire utile
3.0 étoiles sur 5
Le début de la fin, 14 avril 2007
Si on lit les critiques des albums de Black Sabbath (période Ozzy Osborne) laissées par les internautes sur Amazon, on constate qu'à part les deux derniers ("Never say die" et "Technical Ecstasy") dont la médiocrité semble faire l'unanimité, les six autres sont considérés comme LE meilleur album de Black Sabbath. Ce qui pose un problème. Soit chaque amateur de Black Sabbath ne critique que son album favori, soit les internautes ont du mal à percevoir des différences de qualité entre les albums et, tels des enfants incapables de choisir entre un bonbon et un gâteau, ils accordent la meilleure note à tous les disques.
L'honnêteté impose pourtant d'admettre que la discographie de Black Sabbath est faite de hauts et de bas, à l'image des relations au sein du groupe et des problèmes matériels qu'il a rencontré au cours des années 70.
Or en 1973, le groupe allait fort mal. Epuisés par les tournées et en manque d'inspiration, le groupe était au bord de la rupture, d'autant que les abus de drogue et d'alcool allaient bon train (la légende prétend même que l'enregistrement de l'album « Black Sabbath - Volume IV » était revenu plus cher en cocaïne qu'en frais de studio). Les quatre musiciens décidèrent de donner une dernière chance au groupe et commencèrent à travailler à un nouvel album, "Sabbath Bloody Sabbath", qui fut publié début 1974.
A l'écoute, le manque d'inspiration est effectivement patent : ce disque exploite souvent les recettes qui avaient prouvé leur efficacité sur les albums précédents et bien qu'il comporte plusieurs riffs de guitare entraînants, rares sont les mélodies dignes de ce nom qui viennent sous-tendre les chansons.
"Fluff", par exemple, tente de recréer la magie de "Laguna Sunrise" (sur l'album précédent) mais reste assez répétitif et morne. De même, l'introduction de "Spiral architect" évoque (mais en beaucoup plus pauvre, l'interlude de guitare "Orchid" ( de l'album "Master of reality"). "A national acrobat" n'est qu'une déclinaison du même riff quela chanson "Sabbath Bloody sabbath". "Sabbra Cadabra" et "Killing yourself to live" ne sont pas a proprement parler de mauvais morceaux, mais comme presque tout cet album, ils compensent la faiblesse mélodique par une débauche d'arrangements et une multitude de changements de tempo et de breaks. La maîtrise technique en vient rapidement à étouffer la musique. Ce qui, au fond, fait le plus cruellement défaut sur cet album, c'est l'ambiance, l'atmosphère menaçante mais enivrante qui rendait les albums précédents aussi originaux.
Alors, bien sûr, tout n'est pas à jeter sur cet album: "Killing yourself to live" et "Who are you" (en dépit d'un synthétiseur un peu envahissant), sont les morceaux qui rappellent le plus nettement le Black Sabbath des albums précédents. La chanson titre ainsi que celle qui clôt l'album ("Spiral Architect") sont plutôt réussies. Il y a aussi des audaces intéressantes dans les arrangements. Enfin, la pochette est très réussie.
Mais que de longueurs également! Tous les morceaux durent entre 5 et 6 minutes alors que la moitié d'entre eux auraient gagné à être raccourcis de moitié.
Loin d'être le meilleur album de Black Sabbath, "Sabbath Bloody Sabbath" est donc un intéressant album de transition vers une phase nettement moins intéressante de la carrière musicale du groupe : plus professionnelle mais moins inspirée, plus sophistiquée mais moins excitante, musicalement plus aventureuse, mais moins crédible. Il est à noter que cette évolution est parfaitement parallèle à celle de Led Zepelin : 1973 est l'année de l'album zeppelinien "Houses of the holy" où l'on trouve les premières apparitions du synthé ("No quarter") et un morceau vaguement reggae ("D'yer m'ker"). A cette différence près que les membres de Led Zeppelin étaient certainement de meilleurs musiciens que ceux de Black Sabbath et que, peut-être plus endurants aux drogues et aux excès divers, ils avaient su garder une certaine fraîcheur d'inspiration (pas pour longtemps cependant, puisque « Physical Graffiti » en 1975, fut leur dernier grand album, comme « Sabotage », la même années, fut d'ailleurs le dernier album correct de Black Sabbath).
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