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Commentaires client les plus utiles
10 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Sacré Goossens !,
Par Blue Boy (France) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sacré comique (Comic)
Vous avez toujours eu envie de lire la Bible mais n'avez jamais eu le courage de vous y plonger ? Heureusement, Daniel Goossens est là pour vous initier, par l'intermédiaire de ses héros écrivains oiseux et pantouflards, Georges et Louis. Ces derniers le font de manière peu banale certes, mais à défaut de donner envie, leurs délires nébuleux ont le mérite de bien dérider. Au final, on apprend tout de même pas mal de choses, notamment que Dieu est à la tête d'une société de standardistes répondant aux prières de chacun, ou que Jésus, s'il n'est pas forcément une lumière, a tout de même connu son heure de gloire à Hollywood...Les habitués seront surpris de retrouver Georges et Louis dans cet album alors qu'ils ne sont plus mentionnés en couverture comme ce fut le cas pour les tomes précédents. Ils n'y jouent d'ailleurs plus un grand rôle, on ne les voit qu'au début et de moins en moins au fil de l'ouvrage. La particularité du trait de Goossens est qu'il est à la fois réaliste et caricatural, surtout au niveau des visages qui ont souvent des expressions hilarantes. Il ne faut pas chercher une cohérence dans le récit, dans la mesure où l'absurde est ce qui définit le mieux son style. Et comme toujours, on ne sait jamais où il va nous emmener et c'est ça qui est bon. Ce qui est bien avec Goossens, c'est qu'on peut relire ses BD mille fois, on y trouvera toujours un détail amusant auquel on n'aura pas fait attention auparavant. N'attendez pas de la part de l'auteur qu'il vous rassure quant au sens de la vie ou livre les clefs du mystère de la création, au contraire, vous en ressortirez encore plus déboussolé, mais au moins vous aurez bien ri ! Cela étant, je comprends que certains n'adhèrent pas à ce genre d'humour, qui pour moi se définirait comme pince-sans-rire, lunaire voire extra-terrestre. Avec Goossens, soit on marche, soit on ne marche pas, il n'y a pas de milieu. Pour moi, cet auteur, également chercheur en intelligence artificielle et enseignant à Paris VIII il faut le rappeler, est un génie à part dans un domaine humoristique qui ne ressemble à aucun autre, même s'il garde la patte de l'école Fluide glacial. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Le marginal,
Par Ouhman (Paris 18) - Voir tous mes commentaires (TOP 1000 COMMENTATEURS) (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sacré comique (Comic)
Goossens a encore frappé, et comme à chaque fois, on se demande d'où sort ce dessinateur, dont l'humour extravagant se nourrit de références en tous genres, cinématographiques et littéraires. Hormis les quelques pages mettant en scène Georges et Louis, personnages auxquels je n'accroche guère, dans l'ensemble, j'adhère au commentaire complet de Blue Boy, notamment en ce qui concerne l'aspect insolite de cet humour, intérieur, sans éclat et irrésistible, dont on peut se faire une idée assez exacte dès la couverture : Jésus, assis sur une pierre façon talk-show, commente l'attitude des Romains qui, par allusion au "roi des juifs", lui ont tressé une couronne d'épines.Frôlant le vulgaire sans jamais y sombrer, usant de l'anachronisme avec parcimonie, Goossens crée un univers étrange, fantasmagorique, dans lequel le destin de Jésus croise ceux de Victor Hugo, Marilyn Monroe, Superman, dans un grand élan de moquerie dont la cible, plus que la communauté des croyants, serait celle des industriels du divertissement, prêts à toute conversion pour vendre leurs recettes habituelles. A sa manière, Goossens se situe ainsi un peu dans la lignée de Jean Yanne dans Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, à cela près que sa démarche apparaît beaucoup moins claire. D'ailleurs, il se peut que je me trompe totalement, qu'il n'y ait pas de cible, et que le but soit de laisser voler sa folie le plus loin possible... Marabout, bout de ficelle, aile d'avion, ion positif, etc. Ayant apprécié cet album sans toutefois prendre la responsabilité de le recommander à des lecteurs étrangers à l'oeuvre de Goossens, je vous livre cet extrait : "L'idée, c'est de faire suivre Caïn par un oeil jusqu'à sa dernière cachette : sa tombe. C'est la punition divine. L'oeil est tellement collant que Caïn ne peut le faire partir. Ceci dit, il y a des gens qui sont tellement seuls dans la vie que même un oeil, ils voudront l'embrasser. Où trouver un oeil ? La solution de facilité, c'est d'aller aux abattoirs, mais on risque de récupérer un oeil de vache. Caïn ne peut pas être suivi partout par un oeil de vache. Ce n'est pas sérieux. Ça n'exprime pas du tout le remords. L'oeil de vache ne s'intéresse à rien. Il se fout de tout, comme Eddy Mitchell, et la tronche de Caïn ne lui rappelle rien du tout. Quand un oeil de vache vous suit dans la tombe, c'est parce qu'il attend une caresse. L'oeil de vache a un regard morne. Plus morne que l'oeil de vache, il n'y a que la plaine de Waterloo. Waterloo et l'oeil de vache, c'est plus la mornitude que le remords. En plus, dans la métaphore de Victor Hugo, c'est l'oeil qui en bave le plus, obligé de surveiller sa victime jour et nuit, comme dans les filatures à l'ancienne. La vraie punition serait d'obliger Caïn à suivre une oreille qui n'a rien fait. Bon, mais si on veut un oeil, comment le faire flotter sans qu'on voie les fils, pour l'adaptation au cinéma ?". Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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