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4.0 étoiles sur 5
Vices, délices et liberté au règne de la Terreur, 13 mai 2002
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sade [VHS] (Cassette vidéo)
"C'est seulement en côtoyant l'excès qu'on trouve la liberté"
Ce film de Benoît Jacquot, à qui l'on doit "L'école de la chair" adapté d'un roman de Mishima (film que je ne vous recommande pas, mais un très bon roman ) nous emmène ici dans le vieux Paris de 1794, pour passer un petit moment dans la vie de Sade (1740-1814), cet écrivain français qui aura tout de même passé plus de 30 ans en prison pour "débauche outrée" et dont l'œuvre défend une "morale" du plaisir poussée à son extrême limite ainsi qu'un besoin de liberté. Pour plus d'informations et si vous ne connaissez pas cet auteur vous pouvez lire : "Les infortunes de la vertu" ou encore "Le président mystifié", etc. On ne peut nier dans l'œuvre de Sade une certaine aisance à manier les mots et à les "coucher" (lol) sur le papier, même si pour certains son libertinage exacerbé peut encore être choquant de nos jours.
"Le remord est une chimère,…, il n'est que le murmure imbécile de l'âme assez faible pour ne pas oser l'anéantir"
LES ACTEURS
Ce film réunit de très bons acteurs comme Daniel Auteuil, que l'on a déjà pu voir dans des rôles costumés comme "Lacenaire" (encore un libertin), "le Bossu" (pas un chef d'œuvre mais divertissant dirons-nous) et "La Reine Margot" (que j'ai particulièrement bien aimé). On y trouve aussi Marianne Denicourt (Comment je me suis disputé…), Jeanne Balibar (?), Grégoire Colin (La vie rêvée des anges) et bien d'autres comme Isild Le Besco et Jean-Pierre Cassel. Je trouve personnellement que le traitement de Benoît Jacquot est assez monotone et dispersé entre le personnage principal et l'histoire en marche en cette sombre période, il manque un petit "je ne sais quoi" qu'il manquait aussi dans "l'école de la chair" : une certaine approche de la chair et de la sensualité.
L'HISTOIRE
Grâce à une de ses anciennes maîtresse, Sade est transféré de la prison St Lazare au couvent de Picpus servant aujourd'hui de maison d'arrêt pour nobles qui en payant peuvent avoir certaines aises, alors que leur petit monde est en train de s'écrouler sous le tranchant de la guillotine. Là, notre cher Marquis rencontre Lancris, un de ces nobles libertins, dont l'épouse est dépressive, et leur fille, Émilie. Cette dernière, encore verte, respirant l'innocence et intelligente de surcroît ne passe pas inaperçue aux yeux de Sade.
Sade tout en continuant d'écrire, décide donc d'éduquer à sa façon la douce Émilie qui d'abord prudente se retrouvera très vite séduite par l'intellect et la franchise de notre Marquis. Dehors le climat politique se détériore, Robespierre déclare la guerre à l'athéisme et fait adopté un décret instituant l'existence de "l'être suprême" et de l'immortalité de l'âme. Puis les soi-disant "libérateurs" se retrouvent victimes à leur tour. Les parcs entourant Picpus deviennent de vrais charniers où l'on jette les corps (puis les têtes) des victimes d'une guillotine qui se fait plus pressante encore.
Sade réussira t'il à convaincre Émilie d'être initiée aux délicieux plaisirs de la chair et ainsi perdre sa petite fleur ? Parviendra t'il à sauver ses écrits ainsi que sa propre vie ?
Je vous laisse le découvrir dans ce film sans grande prétention mais néanmoins très bien joué, qui dépeint assez fidèlement le tableau d'une noblesse affaiblie par la révolution et survol sans insistance l'esprit libertin qui régnait à cette époque de démences. L'avantage du film étant de montrer Sade autrement que comme un forcené du sexe et de nous faire découvrir un quinquagénaire préservé de l'hypocrisie, amoureux de la vie, des femmes comme de l'amour et de la liberté sans retenue, célébrant le sexualité comme la quête d'un épanouissement personnel.
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