Compact
Rock mid-tempo - Voilà un disque qui fait du bien par où il passe ! Mark Knopfler, sa patte inimitable et sa voix flegmatique nous reviennent avec un disque équilibré, quoique sans surprise. "What It Is" qui ouvre la nouvelle salve, en dehors dun violon en filigrane, est un condensé de ce que le monsieur fait de mieux : voix posée, guitare miaulant à la lune écarlate... Le disque ségrène ainsi, solide mais jamais rapide, dans une danse de mid-tempos apparemment mûrement réfléchis, auxquels se joignent quelques morceaux plus lents, dans un équilibre qui peut rappeler certains albums de Clapton, en plus réussi. Car, au moins, quand Knopfler fait son tout mou, cest-à-dire quand il se contente de tripatouiller gentiment sa gratte sur des morceaux bas du bide au lieu de faire étalage de tout son savoir-faire, il nen reste pas moins captivant. Car, contrairement à celui qui fut jadis un Dieu en son monde, il ne pousse jamais le bouchon au-delà du mièvre rabougri, rattrapant toujours au vol ses titres les plus anodins par quelque pirouette guitaristique ou des textes bien amenés. Pour cela, et pour tout le reste, notamment le fait de continuer à perpétuer un son et des atmosphères qui lui sont propres, ce disque, sans être un réel événement, nen demeure pas mois une heure de pure plaisir.
Critique
La chanson-titre est un duo entre James Taylor et Mark Knopfler sur une composition de celui-ci ; cherchez qui chante le mieux des deux… On la retrouvera aussi dans l’édition limitée seulement du
October Road de James Taylor. Cette fois le guitariste a choisi un orchestre plus réduit que lors de son premier album solo quatre ans plus tôt, et s’est entouré de pointures comme Taylor, les deux chanteurs de Squeeze sur
« Silvertown Blues », l’un des meilleurs titres et un hit radio en France, Gillian Welch, et surtout Van Morrison sur
« The Last Laugh » qui lui vole la vedette.
L’ensemble est bien plus consistant que son premier effort, on retrouve aussi sa patte quasi inimitable (merci encore J.J. Cale) et des textes moins obscurs, toujours aussi influencés par la prose de Bob Dylan.
« Silvertown Blues » est en effet un régal, mais on retiendra surtout de cet album l’épatant
« Speedway at Nazareth », exercice lyrique de haute volée qui prend toute sa dimension en concert (cf. la version au Massey Hall de Toronto quelques mois plus tard, et celle du
Real Live Roadrunning avec Emmylou Harris en 2006).
Jean-Noël Ogouz - Copyright 2012 Music Story