L'esthétisme du film est très soignée, par les effets d'ombres et de lumières notamment. La caméra saisit ainsi plusieurs scènes telles des oeuvres d'art. Quant à l'ambiance, celle d'un orphelinat en 1958, tout le film en restitue l'atmosphère, elle est envoûtante et elle m'a touchée. J'ai toujours aimé l'ambiance des vieux hôpitaux psychiatriques délabrés, là celle de l'orphelinat tient un peu de ça. De plus on sent que Christophe Gans est derrière ce film car on retrouve les décors de sanitaires aux carreaux blancs et vétustes qu'il y a dans le film Silent Hill qu'il a adapté. De même la scène crucial avec le monte-charge ressemble étrangement à celle de Rose qui descend au sous-sol de l'hôpital désafecté (et où une douzaine d'infirmières mortes l'attendent armées de scalpels, pour lui parler très certainement). Quant au film en lui-même, il y a de la tension et du suspens, et en prime la dimension du surnaturel, de la peur, qui reste jouissive et fait l'attrait du film, plus le plaisir de quelques scènes un peu gores. Le scénario, lui, n'est pas vraiment alembiqué mais on a du mal à retrouver les morceaux et savoir quelle est la vérité puisque le dénouement final nous laisse sur notre fin. C'était voulu de la part de Christophe Gans et cela rajoute de la valeur au film, qui en devient ainsi un chef-d'oeuvre. Sur wikipédia on trouve les différentes explications. Personnellement je crois que la mort accidentelle du garçon au départ n'est que la raison de la fermeture du pensionnat, que la part de surnaturelle existe et que les enfants morts durant la guerre et qui se manifestent derrière le miroir du sanitaire(c'est la pièce cruciale du bâtiment) se manifestent réellement. Mais je me demandais dans quelle mesure Judith (Lou Doillon) ne serait pas responsable d'autres meurtres que de ceux des chatons. Mais bon, je n'aurais jamais la réponse puisqu'il n'y a volontairement pas de réponses, juste des questions, les nôtres. On a en tout cas à faire à un chef-d'oeuvre, une oeuvre d'art, et Christophe Ganz est l'un des rares français à ne pas faire des films français, et je l'en remercie. Cela apporte un peu d'air frais au monde de la "culture". Je ne mets pas 10 car c'est vrai que si l'on ne prend pas le film comme une oeuvre-d'art jubilatoire, on peut trouver des longueurs niveau action.