Urbuz.com
Rappelez-vous la dédicace du Petit prince : "A Léon Werth, quand il était petit garçon". Est-il important d'en apprendre plus long sur celui dont Saint-Exupéry disait qu'il était sa "morale" ? Est-il important du reste, de l'apprendre dans le contexte d'un hommage rendu à Saint-Exupéry ? Ne devrions-nous pas nous contenter de relire son uvre, l'une des plus fortes de la littérature française ?
Quelqu'un aura-t-il un jour l'audace d'écrire un livre sur l'amitié, se demandait Léon Werth, en songeant à celle si profonde, qui le liait à Saint-Exupéry. Blanchot exauça son vu sans le savoir, en songeant, lui, à Lévinas. Qu'est-ce qui fait qu'une amitié est profonde ? Werth y répond page après page. Mais il y répond comme sans s'y attacher : le livre est fait de notes éparses, de lettres, de photos souvenirs. C'est Viviane Hamy qui les a rassemblées. Belle intelligence d'éditeur !
A ceux qui cherchent le portrait de Saint-Exupéry, conseillons d'autres lectures. Werth a fait mieux : il vit toujours la passion qui le portait auprès de son ami. Le livre est superbe, d'une composition pascalienne, en fragments laissant dériver les images simples de leur amitié. La terrasse de l'auberge de Fleurville, ce goût de perfection à siroter un Pernod en mordant dans un saucisson et du pain de campagne. Jamais Werth n'enferme Saint-Exupéry dans aucune explication. "La certitude qu'il est vivant s'est installée en moi. Mais que cette certitude est inquiète !" Ne jouons donc pas les créateurs de "cadavres sublimes".--Joël Jégouzo--
Quelqu'un aura-t-il un jour l'audace d'écrire un livre sur l'amitié, se demandait Léon Werth, en songeant à celle si profonde, qui le liait à Saint-Exupéry. Blanchot exauça son vu sans le savoir, en songeant, lui, à Lévinas. Qu'est-ce qui fait qu'une amitié est profonde ? Werth y répond page après page. Mais il y répond comme sans s'y attacher : le livre est fait de notes éparses, de lettres, de photos souvenirs. C'est Viviane Hamy qui les a rassemblées. Belle intelligence d'éditeur !
A ceux qui cherchent le portrait de Saint-Exupéry, conseillons d'autres lectures. Werth a fait mieux : il vit toujours la passion qui le portait auprès de son ami. Le livre est superbe, d'une composition pascalienne, en fragments laissant dériver les images simples de leur amitié. La terrasse de l'auberge de Fleurville, ce goût de perfection à siroter un Pernod en mordant dans un saucisson et du pain de campagne. Jamais Werth n'enferme Saint-Exupéry dans aucune explication. "La certitude qu'il est vivant s'est installée en moi. Mais que cette certitude est inquiète !" Ne jouons donc pas les créateurs de "cadavres sublimes".--Joël Jégouzo--
Quatrième de couverture
Saint-Exupéry tel que je l'ai connu... , publié en 1948, s'achève sur cet aveu : "Qui ne cède pas au doute et à la tendresse fait, de ta mort, Tonio, ton plus bel acte de fidélité. Mais au fond de moi, une peine qui ne guérira pas crie : Tu nous fus si infidèle de mourir..."
En glissant entre les lignes du texte de Léon Werth des lettres, des dessins, des photographies inédites, des notes éparses, nous avons tenté d'esquisser pour le lecteur les chemins d'une amitié, celle qui unissait l'écrivain aviateur au dédicataire du Petit Prince .