Le vieux roi Charles reçoit la visite de l'esprit de Jeanne d'Arc qui se rappelle avec lui la route qui l'a menée vers l'échafaud...
Un très grand Preminger. Si, a priori, le sujet peut rebuter, il n'en est pas moins évident qu'il était fait pour ce réalisateur, défenseur de la femme et de la foi s'il en est. Traitant ce sujet historique avec sérieux, il met cependant de côté la chute lancinante, l'horreur, pour s'appuyer, une fois encore, sur l'humain. Fidèle à ses convictions, il dessine une femme libre et indépendante, aspirant à la vie. Ce n'est pas un film sur la force ou sur la foi, c'est d'abord un film sur l'humanité et les erreurs que l'Histoire (et les hommes) répètent encore er encore. L'esthétique est parfaitement peaufinée. On voit ainsi, Jeanne tranchée entre ombre et lumière, vérité et mensonge, Dieu et humanité...
Jean Seberg fait un sans faute. Symbole de la libération de la femme et de la génération d'après guerre, elle livre une prestation pleine d'une sincérité troublante.
Pas un mot n'est déplacé ou vieilli, toutes les images invitent à la réflexion. Et Preminger reste en accord avec l'humour qui le caractérise en proposant une approche du « mythe » moins dramatique et beaucoup plus « légère » qui peut surprendre mais qui veut bien dire ce qu'elle veut dire : ce n'est pas de Jeanne d'Arc dont je parle, c'est de l'homme.
Une édition sans bonus mais un film qui vaut franchement le détour même si, comme moi, on a plein d'a priori sur le mythe de Jeanne d'Arc et ses adaptations.