Il est heureux de voir une parution consacrée à l'art de chef d'orchestre de Jean Martinon qui toute sa vie fut un défenseur dans le monde entier de la musique française. Prisonnier pendant la guerre, il compose au Stalag IX A les oeuvres qui vont le rendre célèbre. A savoir : le Psaume CXXXVI ou Chant des Captifs qui obtint le prix de la ville de Paris en 1943 sous l'occupation allemande.
Cette intégrale des symphonies de Saint Saëns est intéressante à plus d'un titre. En effet, la "star", la symphonie numéro 3 avec orgue est bien sur un des moments forts de ce double CD, et malgré la concurrence pléthorique au disque connait ici une version majeure.Cette Troisième Symphonie marque l'apogée du genre : elle constitue le point de liaison entre la Symphonie fantastique de Berlioz (1830) et la Symphonie Turangalîla de Messiaen pour les critiques.
Véritable prouesse technique faisant dialoguer l'orgue, l'orchestre et le piano, ce colosse musical créé en 1886 connut un succès phénoménal dès sa création en 1886 et est un hommage à la grandeur et à l'esprit de l'Eglise catholique. Le dernier mouvement est d'ailleurs une gigantesque fugue triomphale où les trompettes se mêlent à l'orgue dans une véritable ascenssion céleste de l'orchestre.
Mais surtout on découvre les autres symphonies beaucoup moins connues et jouées en particuliers sa symphonie numéro un de jeunesse qui présente un surprenant clacissisme viennois à la Haydn et développe des mélodies charmantes, loin de la rigueur du Saint Saens sévère professeur à la Schola Cantorum de la fin de sa vie.
La 2 ème symphonie développe un doux balancement de l'Adagio, la fougue du Scherzo et le Finale post-Symphonie italienne influencé par le style de Mendelhson.
On aurait tort de se priver de ce double CD à prix doux, à compléter selon par la version de la symphonie pour orgue de Myung Wun Chung.