Amazon.fr
Débarquées dans le paysage musical alors que les Spice Girls y faisaient la loi, les quatre All Saints, autrement déniaisées, autrement dévergondées que les cinq nitouches, ont décomplexé la pop de l'année 98. Deux ans plus tard, alors que les rivales ne donnent pas d'inquiétant signe de vie – musical –, les quatre All Saints, moins stressées, sortent un deuxième album,
Saints & Sinners, tranquille, presque sage. Soutenues par Karl Gordon et Johnny Douglas (déjà responsables du son du premier album), et par William Orbit (Madonna), les quatre demoiselles, nez au vent, se font moins folles, moins tigresses.
Saints & Sinners va voir un peu chez les copines américaines (TLC, Destiny's Child) mais, effrayé par la dépravation d'outre-Atlantique, revient vite à un son plus retenu, plus pudique, plus anglais.
Saints & Sinners privilégie les tempos sensuels, les ballades aux harmonies vocales complexes (superbes "Pure Shores" et "Black Coffee"). Moins pestes et plus R'n'B, on les croirait presque plus saintes que pécheresses.
--Elsa Forget
Platine
Après le succès planétaire de l'album des Spice Girls sorti en 1997, et ses 10 millions de copies, cela semble impossible de faire mieux et même aussi bien. Notamment en France. En effet, après une pléiade de récompenses
typically british en 1998 (2 Brit Awards, 1 MTV Award), deux tournées à guichets fermés au Royaume-Uni en 1999, la France – déjà prompte à rejeter ce genre de produit –, l'avait un peu vite enterré. Heureusement, ce deuxième album a connu un tube avant sa sortie : "Pure Shores", la chanson du film
The Beach, en février 2000 mais,
bad luck, un carton... davantage outre-Manche qu'en France. Pour le reste du disque, enregistré entre New York, Los Angeles et Londres l'été 2000, l'Hexagone risque d'avoir du mal à être convaincu, malgré un deuxième single, "Black Coffee", produit par William Orbit.
Les Saints et les Pécheurs a été réalisé en grande partie par l'équipe à laquelle on devait l'opus de trois ans auparavant. Un stick sur la pochette promet un troisième extrait, "All Hooked Up", alors que la bio conclut en les comparant aux girls groups des sixties, notamment produits par Phil Spector. Mais les Girls Groups n'écrivaient pas leurs chansons et ainsi en chantaient de véritables !.