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5.0 étoiles sur 5
Le paradoxal chef-d'oeuvre de Lou Reed, 23 août 2006
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sally Can't Dance (CD)
Voici le disque dont Lou Reed a dit - peu après sa sortie, qui plus est - que plus sa musique était mauvaise, plus elle vendait, jugement directement à l'origine du notoire Metal Machine Music, avec lequel Reed a voulu pousser cette logique à l'extrême. Alors on peut considérer sa carrière solo comme lui voudrait : de manière sélective, informée par des concepts de bon et de mauvais. Mais elle a sans doute plus de valeur esthétique si on la prend telle qu'elle est : une dérive aveugle de Charybde en Scylla, où Lou est le plus souvent absent à lui-même. Il a également observé à propos de Sally Can't Dance que ce disque s'était fait pratiquement sans lui, qu'il lui était étranger. Il faut accepter que ses "oeuvres" échappent en partie, voire totalement, à sa conscience et à sa volonté. De ce point de vue, les deux disques ultimes de Lou Reed dans la première partie de sa carrière solo sont Transformer et Sally Can't Dance, dont on peut dire qu'il s'agit d'une contrepartie américaine de Transformer. Dans les deux cas, Reed a rendu sa copie sous la forme d'une dizaine de chansons, laissé travailler un producteur compétent, puis chanté sur les parties instrumentales. Autrement dit, il a fait ce qu'il sait faire le mieux sans se mêler de ce qu'il fait le moins bien. Dans les deux cas, on ressent comme une absence, mais aussi une décontraction, à l'inverse de ces disques guindés où Lou Reed a voulu exercer un contrôle absolu et finalement sclérosant. Après tout, on peut comprendre sa sévérité et son dégoût : qu'est-ce que Sally Can't Dance, sinon un disque de soft-rock attrape-tout à base de rock, ballade, funk ou folksong pomponnés à grands coups d'instrumentations suaves comme il s'en faisait à la chaîne en 1974 ? Avec par-dessus la voix de Lou Reed, dans des textes où il se laisse la plupart du temps aller à une facilité parfois affligeante, voire à l'autoparodie, puisque l'objectif est de vendre du Lou Reed ? Mais, à vrai dire, on trouvera peu de disques de Lou Reed aussi musicaux et aussi bien produits : huit chansons, toutes agréables et bien foutues. Et c'est ce désengagement quasi-total de l'artiste qui fait la modernité de ce disque, dans un registre proche de Steely Dan, sans tout à fait atteindre au génie et à la perfection de ces derniers.
Ride Sally Ride est un excellent opener avec de délicieux détails d'orchestration (le cor d'harmonie de l'intro) et un crescendo parfaitement construit. Le lyric d'Animal Language voit Lou Reed s'autoparodier dans un geste paradoxalement commercial sur un excellent rock avec cuivres, geste répété sur le funk radiomical du morceau-titre. Mais voici la surprise de l'album : une "tournerie" rythmique à base de blues sur laquelle Lou susurre "Jim, living with you's not such fun". Le morceau est vraisemblablement dérivé du "Oh Jim" original réduit à un appendice pour sortir Berlin en 33 tours simple. NY Stars et Ennui sont peut-être les morceaux les moins marquants de prime abord mais ils supportent très bien l'écoute répétée. L'album contient encore Kill Your Sons, le classique de la révolte adolescente loureedienne, et l'excellent Billy, où Reed démontre son aisance dans le réalisme narratif typiquement US.
Un regret toutefois : les habitués du 33 tours d'origine ne retrouveront pas la chair sonore de l'enregistrement, comme si ce remastering datait des années 1980 et non de 2001. La guitare de Kill Your Sons se retrouve carrément au second plan. En revanche, quelques bonus ont été ajoutés. En résumé, vous avez le choix : donner dans l'orthodoxie reedienne et vous faire Legendary Hearts ou Set the Twilight Reeling (je vous souhaite bien du plaisir), ou bien vous laisser aller aux charmes à la fois suaves et troubles de Sally.
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2.0 étoiles sur 5
Sally voudrait bien aller danser, mais elle ne peut pas..., 15 février 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sally Can't Dance (CD)
Honnêtement...un des albums les moins réussis de Lou Reed. Avec sa pochette ridiculement cartoonesque (on dirait plus Popeye ou le lion de la MGM en version Tex Avery/Hanna & Barbera que Lou) et son funk-rock décadent et sexuel, "Sally Can't Dance" fut un triomphe au hit-parade, à la grande consternation louridienne, l'artiste estimant le disque 'cheap and nasty' ('pauvre et sale') et sans intérêt. OK, il y à quelques bonnes chansons, toutes sur la deuxième face par ailleurs : "Billy", le glauque "Kill your sons", la chanson-titre aussi. Mais dans l'ensemble...c'est plat. Du "Transformer" en mode funky, sans grande envergure. Un peu comme le "Young Americans" de Bowie, mais en moyen (l'album de Bowie étant, lui, énorme). Reed fera mieux avec le très classe "Coney Island Baby" et le très rauque "Street Hassle". Il a aussi fait mieux avec les deux albums précédant ce "Sally Can't Dance" au final très mineur. Quoi qu'on en dise.
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5.0 étoiles sur 5
chef d' oeuvre renié Big Apple trashy Blues, 21 mars 2011
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transformer , Berlin et Sally Can ' t Dance injustement sousestimé par son auteur .
Pourtant les chansons sont superbes ;simples puissantes et vénéneuses !
le disque est sans faiblesse à l'inverse de "Rock and Roll Heat " où quelques titres surnagent .
Plus abordable que "Coney Island Baby et New York " les dernières oeuvres studio consistantes de Lou qui fut un des tout grand dans les annèes 70 Neil for the country , Lou for the city .
Big Apple trashy Blues
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