Amazon.fr
Sans nul doute Pascal Quignard compte au nombre des auteurs les plus prolixes de l'Hexagone ; il suffit de jeter un rapide coup d'oeil sur sa bibliographie pour avoir un juste aperçu de son incroyable "productivité". Et à chaque fois, un succès de librairie : Le Salon du Wurtemberg n'échappe pas à la règle. Là encore, Pascal Quignard prouve qu'il est passé maître dans l'art de la description psychologique de personnages tiraillés entre passé et présent, dans un univers qui force l'admiration du lecteur, par la précision des détails qui le sous-tendent. Le genre de ce livre ? Un roman bien sûr, mais un roman aux larges échos autobiographiques, quoi qu'il en soit : un musicien célèbre, retiré à Bergheim, dans le Wurtemberg, se remémore ses jeunes années, toujours emplies de couleurs et de sonorités, qui contrebalancent le poids des déchirures occasionnées par sa mère, qui l'abandonne alors qu'il n'a que quatre ans, et offrent un subtil "décorum" visuel et auditif à la nostalgie d'un ami perdu de vue, puis retrouvé. Nul n'ignore que Pascal Quignard est musicien, mélomane averti et qu'à ce titre, il a signé le roman Tous les matins du monde, sur lequel le film éponyme d'Alain Corneau s'est appuyé. Mais l'écrivain s'en défend : Le Salon du Wurtemberg n'est en rien un autoportrait. Le "mystère Quignard" demeure entier. --Pierre Guillaume
Quatrième de couverture
Retiré dans la vaste propriété familiale, à Bergheim, dans le Wurtemberg, un musicien célèbre refuse tout à coup de se produire en concert en annule les cours qu'il donnait jusque-là à San Francisco et à Paris. Il revoit son enfance, cet univers déchiré entre deux langues, composé de chats, d'enfants, de vieilles demoiselles d'un raffinement d'un autre âge. Il revoit sa mère qui l'a abandonné quand il avait quatre ans, ses quatre surs, les cinq ou six femmes qu'il a aimées. Il découvre ce qui fait le centre, peut-être de sa vie : l'amitié qu'il a portée à Florent Seinecé, qu'il a connu à Saint-Germain-en-Laye, dans les années soixante. Les années passent et les scènes de rupture sont autant de vieilles retrouvailles. La sensualité côtoie la haine, l'excitation la détresse. Des maisons et des jardins divers et merveilleux se succèdent : en Normandie, sur les bords de la Méditerranée, sur les bords de la Loire, sur les rives de la Jagst ou du Neckar. C'est tout un monde. C'est toute une vie. Des êtres qui s'étaient séparés dans la violence ou dans la tristesse, dix ans après, quinze ans après se retrouvent. Les souvenirs de ceux qui se retrouvent ne concordent qu'à peine. Un souvenir en cache un autre qui lui-même cache un rêve. Des êtres qu'on a aimés plus que tout au monde meurent, et curieusement leur nom évoque quelque chose. Ils ont laissé des traces comme vivantes, inopinées, hallucinantes dans la mémoire de ceux qui les aimaient. Ce sont des souvenirs qui tout à coup mettent le sang aux joues, des couleurs qui brusquement luisent, des sons, des visages et des noms qui fond soudain sauter le cur.


