Lorsque j'ai commencé la lecture de ce livre, j'ai d'abord été fortement tentée d'arréter sur-le-champ et de passer à un autre bouquin. Mais j'ai persisté et bien m'en a pris, car ma première impression était fausse et erronée.
Le style parait de prime abord très maladroit, et l'on a du mal à se mettre dans la peau du Mexicain, personnage par qui débute le livre et narrateur de surcroit, alors qu'il n'est au fond qu'un personnage secondaire.
L'histoire parait au départ décousue et désordonnée, mais cette impression ne dure pas.
Car tout se met en place petit à petit, et l'intrigue que l'on supecte simpliste au début s'avère être en fait un beau sac de noeuds, complexe et sordide.
Un Mexicain découvre un bras sur une plage de L.A. et en déduit qu'il ne peut s'agir que d'un membre de Laura, belle jeune femme très désirée (un peu trop même) et harcelée par son ex, Scott, archétype du jeune californien branleur et frimeur.
Un flic, Reggie (amoureux lui-aussi de Laura comme 100% de la population masculine du bouquin), est obsédé par la disparition mystérieuse de la jeune femme. Il va donc se mettre à la recherche de Laura et de son éventuel meurtier.
Mais l'histoire, a priori d'une simplicité déprimante, va très vite se complexifier et instaurer de sérieux doutes dans l'esprit du lecteur. Scott a t-il vraiment tué Laura? Laura est-elle vraiment morte ou bien le bras retrouvé appartient-il à quelqu'un d'autre?
Au jeu du chat et de la souris, Reggie n'est pas dupe et finit par comprendre par lui-même la sinistre vérité: La victime et le coupable ne sont pas forcément ceux que l'on pense.
Un polar rondement mené. Un auteur qui nous plonge dans l'univers à la fois misérable et fastueux de L.A., dans lequel les maître-mots sont apparence et superficialité.
Et même si Ruth Francisco aurait sans doute pû nous épargner certains passages vraiment lourds à connotation fortement sexuelle, ce roman policier n'en demeure pas moins hautement appréciable pour les amateurs du genre.
J'ai pour ma part beaucoup aimé. Je recommande.