Après un album riche et complexe (And Justice for all...), Metallica, dont la célébrité commence à poindre, prend un virage musical. Qu'importe le rôle qu'aura joué Bob Rock dans cette évolution, l'extraordinaire réussite du Black Album lui incombe pour une bonne partie.
La rencontre entre le producteur (qui n'avait jamais officié dans le metal auparavant) et le groupe se fait pendant la tournée de Justice. Bob leur affirme modestement que même si leur musique est de qualité, ils n'arrivent pas à capturer en studio la puissance de leurs morceaux. Le rendez-vous est donc pris, la relation va s'avérer fructueuse.
Ce cinquième album se concentre davantage sur l'efficacité que les précédents. Pas d'instrumentaux de huit minutes, ni de compositions alambiquées : couplet/refrain, couplet/refrain, solo, couplet/refrain. La réussite tient au final à l'excellence des riffs et des compositions, aux progrès d'Hetfield au chant et à la production titanesque. Le son s'avère d'une puissance inégalable, il reste difficile de croire que cette album est sorti en 1991 tant il est intemporel.
Enter Sandman est un classique du groupe, au riff mémorable. Sad but true est incroyablement heavy, The Unforgiven et Nothing else matters sont de superbes ballades, sans compter toutes les autres chansons qui sont chacune des perles, même pour les moins connues (Struggle Within, The God that failed,...).
Si au final Metallica signe un chef-d'œuvre, il est vrai que le disque n'explore pas de terrains vierges au regard des 4 précédents. L'accusation de « dérive commerciale » par certains fans tient donc plus à leur volonté de s'identifier à une musique underground et de se détacher de la masse. Faux procès donc : Metallica signe ici bel et bien une perfection.