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Les Stones dans leur période psychédélique. Dans la foulée du
Sgt Pepper's de leurs copains les Beatles, ils prennent le chemin de Katmandou. Longtemps dédaigné par les fans qui lui préféraient des disques plus violents,
Their Satanic Majesties Request n'en est pas moins un des grands classiques du psychédélisme anglais avec les premiers disques du Floyd et les derniers singles des Yardbirds. Certains morceaux tournent vite à la complaisance fumeuse ("Sing This All Together (See What Happens)" et la fin de "Gomper") mais les riffs de "Citadel", la fantaisie de "She's A Rainbow", les expérimentations extra-terrestres de "2000 Light Years From Home" tiennent une place importante dans la légende des Rolling Stones.
--Hubert Deshouse
Critique
Considéré à l’époque comme un total fiasco (quelque chose comme les sous-doués intègrent le
Sgt. Pepper's des Beatles), l’écoute de
Their Satanic Majesties Request constitue encore aujourd’hui une épreuve fascinante.
Les cinq musiciens (et producteurs) se sont effet votés à l’occasion des sessions une indulgence plénière pour toutes les complaisances, et autres délires narcissiques. Ce qui ne serait pas bien grave, si cela n’imposait pas à l’auditeur polyrythmie africaine, bandes inversées, ou grand orchestre en goguette. Parfois les trois simultanément. Sans apologie de quelque substance que ce soit, il peut en effet sembler périlleux d’aborder cette écoute à jeun. Mais, après tout, il en allait de même de beaucoup de disques psychédéliques sortis à la même époque.
Pourtant, l’album collectionne ses moments, parfois extra-musicaux. La pochette originale est une merveille en 3-D, et il n’est de fixer le regard de Jagger sur le recto pour se souvenir qu’il était sous acide au moment des séances de pose. Et le second grand plaisir dispensé par ce disque reste qu’il a cloué le bec à tous les fans canal historique de la première heure, qui escomptaient bien que le groupe enregistre
« Fortune Teller » sa carrière durant. Au moins, l’incompréhension d’auditeurs refermés sur leurs certitudes pourra réjouir.
Enfin, si l’on se décide à insérer le disque dans un lecteur, force est de convenir que le sombre
« 2000 Light Years from Home » est une gemme de ce qu’on n’appelait pas encore le rock spatial, et
« She’s a Rainbow » un chef d’œuvre tout court. Jamais plus les Rolling Stones ne se montreront aussi aventureux : cela méritait bien une halte. L’album accueille une cohorte d’invités prestigieux, dont John Lennon et Paul McCartney.
Their Satanic… parviendra à la troisième place des charts britanniques (2
ème aux États-Unis, et premier en Australie), mais les singles
« In Another Land » (87
ème) et
« She’S a Rainbow » (25
ème) ne connaîtront qu’une modeste carrière.
Christian Larrède - Copyright 2012 Music Story