Commentaires client les plus utiles
59 internautes sur 61 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Un très beau portrait, 3 février 2009
Si ce disque a été tellement salué par la critique et a, de fait, quelque chose d'enchanteur, c'est parce qu'il propose un portrait de Satie qui est plus riche, plus vivant et plus fidèle que la plupart des autres. Satie n'y est en effet réduit ni aux seules Gnossiennes ou Gymnopédies qui ont fait sa célébrité (mais qui ne constituent en fait qu'une partie de sa production), ni aux seules oeuvres pour piano solo. Le CD 1, intitulé "Solo", propose ainsi un très beau parcours à travers les oeuvres pour piano seul, parcours rythmé de loin en loin par les six Gnossiennes et qui permet d'entendre bien d'autres merveilles, comme la Petite ouverture à danser, les Véritables Préludes flasques (pour un chien), les Danses de travers I, II et III, la Valse-Ballet ou encore Poudre d'or. A noter: les sept pièces du Piège de Méduse sont enregistrées pour la première fois sur un piano préparé: comme le jour de la création de l'oeuvre, divers objets ont été déposés sur les cordes et vibrent avec elles afin d'obtenir une "sonorité de paille" en accord avec l'état du singe mécanique censé danser sur chaque pièce: un régal! L'interprétation d'Alexandre Tharaud est fine, allante et vivante et elle a le mérite de ne pas opposer de façon trop caricaturale l'atmosphère méditative des Gnossiennes à l'atmosphère souvent plus ludique ou enjouée des autres pièces. Les Gnossiennes sont en effet jouées de façon moins réservée que d'habitude et cette allure plus vive leur va très bien. D'autres approches sont bien sûr possibles (j'aime beaucoup, par exemple, le jeu proche du silence de Jean-Yves Thibaudet), mais celle que nous propose Alexandre Tharaud est à la fois légitime et réjouissante. Le CD 2, intitulé Duos, propose une magnifique sélection de duos: - des pièces à quatre mains avec Erice Le Sage, dont les splendides Trois Morceaux en forme de poire, ou encore Cinéma (j'aime moins La Belle Excentrique); - des pièces pour violon et piano avec Isabelle Faust: les très belles Choses vues à droite et à gauche (sans lunettes), et Embarquement pour Cythère; - une brève pièce pour piano et trompette avec David Guerrier; - quatre chansons avec Juliette, dont le magnifique Je te veux, où la voix légèrement voilée de Juliette fait merveille; - quelques chansons plutôt drolatiques avec le ténor Jean Delescluse. Un dernier point sur ce très beau disque qui révèle le vrai visage, mélancolique et pourtant gai, de Satie: avec le code figurant au dos de la pochette, il est possible de télécharger quelques morceaux supplémentaires sur le site consacré au disque par Harmonia Mundi.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui
Non
7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
excellente introduction à l'univers de Satie, 14 février 2010
Bien que ce disque ait déjà fait l'objet de nombreux commentaires, je me risque à commettre le mien au risque d'alourdir la note! ce disque m'inspire en effet quelques observations : - comme tous les disques d'Alexandre Tharaud, il s'agit d'un vrai projet artistique, le pianiste ne se contentant pas d'enfiler les oeuvres comme des perles mais construit un vrai programme cohérent et pensé - comme tous les disques d'Alexandre Tharaud, le choix de l'instrument est remarquable, la prise de son superlative et comme le toucher du pianiste est exceptionnel ce disque procure un plaisir auditif rare, un vrai régal pour tout amateur de piano - comme tous les disques d'Alexandre Tharaud, le travail éditorial est soigné et ici tout particulièrement ce qui démontre une fois de plus que le téléchargement est une ineptie lorsque les maisons de disque se donnent la peine de travailler leur produit Enfin comme le souligne un internaute, Tharaud a su s'entourer d'artistes remarquables pour l'accompagner dans son parcours (inénarrable Juliette ! ). Ce disque constitue donc à mon sens une des meilleures introductions possibles à l'univers singulier d'Erik Satie même si, comme le souligne un autre internaute, il ne rend en rien caduc d'autres approches et notamment celle du grand Aldo Ciccolini. Enfin, cerise sur le gâteau, tout acheteur de ce coffret se voir offrir en bonus la possibilité de télécharger gratuitement (!) des pièces supplémentaires qui ne rentraient pas dans le programme. Que du bonheur !
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui
Non
4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Une très belle anthologie Satie, 3 juin 2011
Chaque nouveau disque du pianiste Alexandre Tharaud se révèle un événement discographique (servi il est vrai par un remarquable travail de marketing). Le pianiste quadragénaire aborde à nouveau la musique française du XXe siècle qu'il affectionne particulièrement avec ce double disque original consacré à Satie (que je ne connaissais pas particulièrement). Ne souhaitant pas répéter ce que d'autres amazonautes ont brillamment exposé, je me limiterai à ce qui rend ce double album (édité par Harmonia Mundi sous la forme d'une magnifique double digipack) attachant. 1. Alexandre Tharaud fait montre d'une délicate maîtrise du toucher et de la respiration qui situent ces courtes oeuvres à un niveau rarement atteint de qualité. Il nous rend les détails d'articulation, l'ornementation et la découpe irrégulière de la phrase qui caractérise chacune de ces phrases. 2. La sélection est rigoureusement construite, variée dans ses transitions. Le format des oeuvres jouées étant relativement identiques, Alexandre Tharaud et ses éditeurs ont tenté de les diversifier au maximum. Les "Gnossiennes" ne sont pas interprétées à la suite mais dispersées tout au long du premier CD et dans des tempos plus lents que dans l'interprétation de référence d'Aldo Ciccolini. Le reproche majeur porte sur le fait que seule la "Première Gymnopédie" a été gravée, ce qui est incompréhensible vu que le minutage le permettait parfaitement et rien n'interdit de penser qu'Alexandre Tharaud eût été incapable de les interpréter. 3. La surprise vient du second album "Duos" où Alexandre Tharaud, affronté à d'autres artistes (le pianiste Eric Le Sage, la violoniste Isabelle Faust" et le trompettiste David Guerrier) ainsi que la chanteuse Juliette (formidable dans les quatre chansons où elle intervient) et le ténor Jean Delescluse. Les adeptes d'une "présentation plus classique" se tourneront vers les interprétations d' Aldo Ciccolini réalisées pour EMI dans les années 1960 et 1970 et rééditées plusieurs fois à prix doux.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui
Non
|