Critique
« Ce n’est pas tellement la musique qui est importante, mais ce que tu dis. Bon, il faut quand même que la musique soit bonne, pour que les gens écoutent les mots », Ali Farka Touré.
Enregistré à l’Hôtel Mandé de Bamako et chanté, comme à l’accoutumée chez Farka Touré, dans une foultitude de langues différentes (du peul au sonraï, en passant par le zarma et le songoy ou encore le… français),
Savane est un album posthume du Malien, édité quelques mois à peine après sa disparition.
En règle générale simplement accompagné de quelques violons, d’une triade de percussions et par sa propre guitare, le chanteur insuffle encore une fois l’esprit de l’Afrique ancestrale dans un blues hypnotique, et acoustique. D’un mystère animiste (la religion vaudou ou le mystère des esprits) à l’humour (« Les Peuls ont deux projets dans l’existence : être propriétaire du plus grand nombre possible de têtes de troupeau et avoir une jolie épouse, qui leur raconte de belles histoires la nuit venue »), le chômage ou les activités d’élevage, ce sont toutes les facettes d’un continent dont on chante les vertus ou les déchirements.
Ali Farka Touré, ses
rocking-chairs, ses guitares au vernis écaillé, la cigarette perpétuellement fichée à la commissure des lèvres, y est naturellement impérial, comme un salut affectueux avant un voyage indéfini. On est triste, évidemment, mais qu’est ce que ça change ? Un grand disque d’Ali Farka Touré et un grand album d’insistance et d’ivresse. Et de blues.
Cette année-là,
Savane se hisse à la deuxième place des charts de musique du monde.
Christian Larrède - Copyright 2012 Music Story
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