Moise a délivré le peuple d'Israel, mais sans Idole à vénérer, le peuple se sent seul, "non-guidé".
Or, Moise ressent la présence d'un dieu unique, mais ne peut la communiquer aux autres. Il en charge son frère Aaron, et part au sommet de la montagne receuillir les tables de la Loi. Quarante jours d'absence, pendant lesquels Aaron est tourmenté par le peuple qui commence à se révolter. Lorsque Moise redescendra de la montagne, sa déception sera immense.
Le décor est simple : un grand quadrilatère rectangulaire où se presse le peuple. Un immense "couvercle" les enfermera ou les libérera tour à tour au gré de leurs espérances ou de leurs revendications. Sur ses murs translucides, Aaron, au deuxième acte, fera apparaître le serpent ou la main lépreuse pour envoûter ses occupants. La foule, toujours en mouvement, exprime tous les sentiments de l'âme humaine avec une mobilité extraordinaire.
L'apparition du veau (qui n'est pas en or) sera l'ultime concession d'Aaron. Sur ses flancs laiteux, les isncriptions (Dieu -Sang - Orgie...) déclencheront la folie collective qui provoquera la colère de Moise, à son retour.
On suit, médusé, ce spectacle d'une force redoutable, où la musique suit le chant et la parole avec justesse et précision. Signalons la passion de Dale Duesing et des choeurs. Peut-être la voix de ténor d'Andreas Conrad est-elle trop puissante pour le rôle d'Aaron, mais c'est un détail minime devant une telle réalisation.
N'oublions pas l'intelligente utilisation du "bâton" , sorte d'immense feutre noir, qui passe tantôt des mains des deux frères à celles du peuple et qui leur permet à tous de s'exprimer, par le dessin ou par le geste.