J'ai coutume de considérer Schizophrenia de Sonic Youth comme ma chanson préférée de tous les temps. Ce jugement à l'emporte pièces ne m'engage à rien et a le mérite de rendre plutôt bien compte de mon amour pour ces 4 minutes géniales de musique.
Avec ce morceau datant de 1987 qui ouvre le remarquable album
Sister, le groupe new-yorkais a atteint à mon sens le point d'équilibre parfait entre sensibilité pop et expérimentation rock.
Magique et impérissable cette chanson est sans
sans l'ombre d'un doute schizophrène: elle souffle le chaud et le froid, oscille entre vice instrumental et tendresse vocale. Frénétique et nonchalante, elle réconcilie les extrêmes.
Sa structure est également remarquable : aucune partie ne se répète, balayant ainsi les notions pourtant essentielles dans la musique populaire de couplet ou de refrain.
Pour autant, malgré ce parti pris radical, en dépit de l'extrême acidité de ses guitares et de sa richesse structurelle, Schizophrenia est très loin de se limiter à un exercice de style arty et vain : c'est avant tout une immense chanson pop à siffloter et chantonner, agitée et totalement inusable.