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5.0 étoiles sur 5
Un remarquable double album, 18 février 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Schubert : Dernières sonates pour piano : D850, D958, D959, D960 (CD)
En 1828, alors que Beethoven a quitté le monde des mortels pour rejoindre définitivement celui des immortels, Schubert publie ce qui sera le couronnement de son oeuvre dans le genre musical que le maître disparu avait porté jusqu'à des sommets insoupçonnés : la sonate pour piano. Ces trois sonates de Schubert (sonate n°19 en ut mineur D958, sonate n°20 en la majeur D959, et sonate n°21 en si bémol majeur D960) seront ses dernières, ce qui en fait de facto une sorte de testament instrumental, qui s'inscrit dans la continuité de son maître disparu. On y retrouvera une influence beethovénienne manifeste, mais aussi tout le génie schubertien au meilleur de son inspiration, dans une démarche alliant violence et sensualité, bâtie plus que jamais sur ce contraste permanent fait d'éruptions passionnées et d'effondrements intimistes, lesquels confinent à cette inimitable atmosphère schubertienne oscillant subtilement entre reposante sérénité et désespérance mélancolique.
Entre 2001 et 2006, Andsnes enregistre ces oeuvres majeures du répertoire pour piano, couplées à des lieder de Schubert en compagnie du ténor anglais Ian Bostridge. En 2008, EMI regroupe les 4 sonates captées jusque là pour en faire ce remarquable double album. Le norvégien montre en effet une affinité particulière avec le pianisme schubertien, visiblement inspiré par cette musique (mais qui pourrait ne pas être inspiré par ces merveilles ?). Un jeu solide et sobrement cantabile, puissant sans être démonstratif, vivant et coloré mais sans surcharge, lyrique sans être sentimental, cérébral sans rechercher le métaphysique. Une interprétation investie, soignée et maîtrisée, qui souligne les détails et révèle les formes de ces peintures faites d'ombres et de lumières.
En complément, la trop peu représentée sonate n°17 en ré majeur D850, composée en 1825, et qui témoigne d'une exubérance et d'une fraicheur inhabituelle chez Schubert, dans une atmosphère espiègle et charmante inspirée de vacances à Bad Gastein (ce qui donnera son surnom à la sonate).
Un double album superbement réussi, dont on soulignera une D960 particulièrement remarquable, et qui mérite une bonne place dans la discographie de ces chefs d'oeuvres intemporels.
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5.0 étoiles sur 5
Leif Ove Andsnes se coule à merveille dans l'univers du dernier Schubert, 24 mars 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Schubert : Dernières sonates pour piano : D850, D958, D959, D960 (CD)
Leif Ove Andsnes s'affirme album après album comme l'un des pianistes les plus doués de sa génération, à l'aise aussi bien dans les répertoires classique que romantique et postromantique. EMI nous propose une réédition à prix doux de ses enregistrements des dernières sonates de Franz Schubert autrefois éditées en quatre CD couplées avec des lieder souvent peu connus interprétés par le ténor Ian Bostridge.
Le pianiste norvégien fait montre d'une perfection formelle et stylistique incomparables : cette interprétation tourne le dos à tout ce qui pourrait alourdir le propos. Le jeu du pianiste norvégien est parfait de la première à la dernière note : on admire sa précision, ses articulations, ses attaques qui donnent une extrême lisibilité à sa musique. Le reproche qui pourrait lui être adressé est de trop contrôler son jeu : d'autres (dont je suis) se rabattront sur Brendel (souverain dans sa dernière mouture) ou Perahia.
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5.0 étoiles sur 5
Excellence, 11 juillet 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Schubert : Dernières sonates pour piano : D850, D958, D959, D960 (CD)
Une très belle et très sensible interprétation des quatre dernières sonates pour piano de Schubert avec un excellent Leif Ove Andsnes qui arrive à nous faire réellement participer à l'exécution de ces oeuvres ultimes et sublimes. Ces sonates sont celles d'un créateur génial encore bien jeune qui sent la fin qui approche : Il la combat, il l'ignore ou la refuse mais finit semble-t-il par se résigner.
Cette interprétation est réalisée avec une palette riche et variée d'émotions succesives : on passe ainsi de l'abattement au sursaut, de l'infinie tristesse à la joie la plus insouciante et la plus naïve, d'une mélancholie prenante à l'humour gamin. On participe et on vit ces suites d'alternances qui constituent en quelque sorte le fond commun de ces dernières sonates. L'interprète s'efface derrière l'oeuvre, son jeu semble toujours évident et le tempo naturel : Un interprète au service d'une oeuvre et qui ne s'en sert pas...
Plus de deux heures de bonheur... c'est merveilleux ! Si vous êtes sensibles à la musique de Schubert ne vous privez surtout pas de ce CD...
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