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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Quelle voix, quel programme,
Par Denis Urval (Paris, France) - Voir tous mes commentaires (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR) (TOP 10 COMMENTATEURS)
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Schubert : Lieder Vol.1 (Coffret 2 CD) (CD)
En 1976, la cantatrice Gundula Janowitz (née en 1937) avait donné à Salzbourg un récital intitulé « Destins de femmes dans le Lied de Schubert », avant d'enregistrer à Berlin, cette année-là et la suivante, en compagnie du pianiste Irwin Gage, les deux disques DG dont ce double CD est issu, entièrement dédiés à ce compositeur.Qu'on repense à l'un ou à l'autre des enregistrements de la cantatrice (sa Pamina avec Otto KlempererMozart : La Flûte Enchantée (Die Zauberflöte) ; sa prestation dans la Création de Haydn avec Karajan Haydn : La Création (Die Schöpfung); son Elsa dans le Lohengrin de Kubelik; ses Quatre derniers Lieder avec Karajan encore Richard Strauss : Les Quatre derniers Lieder - Mort et Transfiguration - Métamorphoses; son Agathe du Freischütz avec Carlos Kleiber) c'est toujours de la beauté souveraine de la ligne, des aigus radieux, de l'éclat de sa voix dont on se souvient. Si cet album vaut pour les qualités de l'interprétation, il vaut aussi pour son programme, et pour sa présentation soignée : les textes sont reproduits intégralement et traduits (en anglais et en français), ce qui n'est pas toujours le cas, particulièrement dans le cas des rééditions économiques. Ecoutons la perfection de Du bist die Ruh, D. 776. Janowitz disait que cela valait la peine d'être cantatrice, rien que pour celui-ci : et si elle estimait avoir d'abord à mettre la ligne vocale en valeur, le texte venant ensuite, la fusion des deux me paraît dans ce cas exemplaire. Le mélomane qui n'a pas une connaissance encyclopédique de l'univers du Lied ne peut que faire des découvertes ici, au premier rang desquelles le premier chant de Suleika, D. 720, ravissant chant d'amour, dont Brahms aurait pensé, selon la notice, qu'il était le Lied le plus parfait jamais écrit, et on n'aura guère de mal à lui donner raison en découvrant cette merveille. Autre coup de coeur, la Complainte de la jeune fille, D. 191. Et aussi Au Soleil [an die Sonne] D. 270 où on retrouve les qualités d'une belle Pamina. A peine peut-on s'étonner de la relative lenteur et de la distanciation qu'on observe dans Marguerite au rouet [Gretchen am Spinnrade] qu'on comparera, et au disque célèbre d'Elizabeth Schwartzkopf et d'Edwin FischerSchubert : 12 Lieder - Moments musicaux, et à l'interprétation de Lisa della Casa dans son unique Liederabend à Salzbourg, émouvante et d'une belle justesse psychologiqueLieder De Brahms, Rravel, Schoeck, Schubert, Strauss & Wolf. Le premier chant d'Ellen, d'après Walter Scott (D. 837), délicieux, offre tout une scène, alternant l'invitation au repos et les échos des combats passés, avec des effets descriptifs (Irwin Gage est excellent dans l'évocation du galop du cheval). Le si souvent massacré Ave Maria D839, troisième Lied pour soprano du Cycle des chants d'Ellen, et ici complément des deux autres, ainsi chanté, se trouve débarrassé de la fausse familiarité que nous avons avec lui. Il apparaît comme un retable restauré dont nous verrions pour la première fois les vraies couleurs. Le pâtre sur le rocher D. 965, avec Ulf Rodenhäuser à la clarinette, est remarquablement caractérisé dans ses trois épisodes, la rêverie du début, les teintes sombres des strophes 5 et 6, et la conclusion joyeuse sur laquelle Schubert choisit de nous quitter. Je ne vois guère de discothèque qui ne puisse être enrichie par une telle collection, dont on met longtemps à faire le tour, en particulier si on s'intéresse aux correspondances entre texte et musique, une collection qui nous met en présence du génie de Schubert, grandeur nature. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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