Schubert écrivit ses deux "Trios avec piano" quelques mois avant sa disparition.
Alors que la plupart de ses chefs d'oeuvre acquirent une célébrité posthume, rançon de sa trop courte vie, le second Trio rencontra d'emblée une popularité jamais démentie, depuis sa création à Vienne le 28 décembre 1827, et qui se réactiva quand Stanley Kubrick utilisa la pénétrante mélancolie du "andante con moto" dans son film "Barry Lindon".
Sans doute dérivée du folklore suédois, la sublime mélodie s'échange convivialement entre le violoncelle et le piano. La plasticité de son matériau thématique permet d'atteindre une expressivité intense avec une confondante économie de moyens. Ce lyrisme qui va à l'essentiel est l'une des manifestations les plus nues du génie schubertien.
La collaboration de Isaac Stern, Leonard Rose et Eugene Istomin remonte à 1961.
Dans cet enregistrement, réalisé en mai 1969 à New York, les trois musiciens américains culminent au sommet de leur art.
La cohésion des pupitres, la pureté de l'inspiration, la solidité du jeu placent leur réalisation comme une des plus évidente qu'ait connue la riche discographie de cet opus.
Proposé chichement sans complément de programme, dans un packaging assez rudimentaire de surcroît, le minutage de ce CD est un peu bref.
D'autant que le premier Trio est disponible dans un autre disque et qu'il aurait été avantageux de réunir la paire en un seul volume.
Peu importe : ces deux boîtiers rouge et bleu doivent figurer sur l'étagère de tout mélomane qui se respecte.