ParDenis UrvalCOMMENTATEUR DU HALL D'HONNEURTOP 10 COMMENTATEURS
Format:CD
La série consacrée à la musique américaine est depuis plusieurs années un des projets les plus intéressants du label économique Naxos. Elle permet de rencontrer divers personnages, dont tous ne sont pas, loin s'en faut, de pâles figures secondaires. Une sociologie de la musique américaine au XXe siècle permettrait de distinguer très schématiquement les marginaux et aventuriers (Ives, Cowell, Nancarrow) ; les compositeurs ayant des liens avec Broadway (Gershwin, Bernstein) ou Hollywood (Hermann); et les titulaires de chaires universitaires et de postes institutionnels. William Schuman (1910-1992), né à New York, qui fut entre autres président de la Juilliard School (c'est à son instigation que le quatuor Juilliard fut créé avec Robert Mann comme premier violon), appartient incontestablement à cette dernière catégorie. Le Concerto pour violon est une œuvre qui combine lyrisme et violence : ambitieux et développé, il est représentatif de sa manière abrupte et sincère, qui évoque une autre modernité, celle de l'architecture urbaine. On peut le préférer à une œuvre plus sucrée comme le concerto de Barber. Il est ici magnifiquement défendu par un jeune violoniste inconnu de moi, Philip Quint, et par le disciple de Leopold Stokowski qu'est le chef José Serebrier. Les compléments sont intéressants aussi : « When Jesus wept », le volet central du « New England Triptych » qui harmonise des mélodies de l'époque de l'indépendance américaine, est une page émouvante et digne. La prise de son magnifie le peu connu et fort compétent orchestre de Bournemouth.