«Quelque chose entre le concerto, la symphonie et la grande sonate.» C'est ainsi que Schumann définissait son Concerto pour piano, le seul qu'il ait écrit. Il est vrai qu'il s'agit d'une sorte de poème fougueux, délibérément romantique mais avec des vertiges intérieurs où le piano entraîne tout dans le sillage des vastes courbes mélodiques qu'il déploie. C'est dire ce qu'il exige du soliste. Maria Joao Pirès est exactement l'interprète qu'il faut à cette oeuvre parce qu'elle est d'abord poète et que la poésie est l'essence même de l'écriture schumanienne. L'affetuoso du premier mouvement, le grazioso du deuxième, elle les possède au plus haut point. Souple autant que tendre, son piano sait chanter avec expressivité, ouvrir des perspectives sur ces vertiges intérieurs, tout au long à l'oeuvre. Il sait aussi admirablement se marier aux sonorités aussi légères que fruitées (le hautbois et tous les bois) de l'orchestre de chambre d'Europe, dirigé dans une connivence parfaite avec la pianiste par Claudio Abbado. Et de l'intermezzo tendre et intime aux éclats passionnés du finale, c'est une interprétation renouvelée, "chantée", de ce beau concerto qu'on découvre là. Le disque contient un autre joyau, le Quintette avec piano, d'un lyrisme plus éclatant, soulevé par une passion qui semble se communiquer d'un interprète à l'autre, de Maria Joao Pirès à Augstin Dumay ou de Renaud Capuçon à Gérard Caussé ou Jian Wang. Le romantisme à l'état pur. -- Alain Duault
Descriptions du produit
CD Chamber Orch.Of Europe, Maria Joao Pires, Claudio Abbad
Ce qui frappe dans le jeu de Pires, c'est un naturel et une sensibilité (que je trouve féminine) qui traduisent un sentiment de confidence, de r'verie et d'élan contenu. Cela convient parfaitement dans Schumann et Mozart (qu'elle a abondament enregistré). Ces témoignages chez le premier sont à thésauriser car il est difficile de tricher avec cette musique si délicate à traduire. Accompagné d'une façon sensible par Abbado dans le concerto et entouré de partenaires remarquables dans le quintette, elle nous offre deux partitions majeures du compositeur.
Cette interprétation du merveilleux concerto de Schumann est enthousiasmante...
Quelle subtilité..!
là où tant d'autres, aussi virtuoses soient-ils, martèlent les notes un peu sèchement, ou bien suivent un orchestre trop heurté ,ici, le jeu , du piano en particulier,des violons et de l'orchestre dans sa globalité est totalement en accord avec l'âme et l'oreille , tout en fluidité et en romantisme ..