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5.0 étoiles sur 5
Sviatoslav Richter joue Schumann, 24 mars 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Schumann : Fantaisie op. 17 ; Carnaval de Vienne ; Papillons (CD)
Sous une présentation modeste, cet album recèle un véritable trésor de la discographie schumanienne : la "Fantaisie" que Sviatoslav Richter grava en août 1961 dans les studios londoniens lors de ses premières apparitions en Angleterre, alors que l'occident mesurait enfin sa stature artistique précédée par la légende.
Les passions torrentielles du « leidenschaftlich vorzutragen », l'emphase du « durchaus energisch » sont propulsées par un élan inépuisable qui ne relâche la tension que quand la partition le requiert.
Les rêveries étoilées du « langsam getragen » s'alimentent d'une suprême inspiration qui révèle -à supposer qu'on en doutât- que sous un tempérament fougueux couve une fine sensibilité poétique.
Cette fougue, on la retrouve dans ce "Carnaval de Vienne" capté en Italie lors d'un live en 1962. La prise de son est très réaliste et les quelques bruits de salle relativement discrets ajoutent même à l'ambiance.
La sonorité du piano est bien focalisée, très présente et cristalline.
Allegro tourbillonnant, Intermezzo éperdu, Finale qui claque comme le fouet sous les accords assénés par la digitalité transcendante du pianiste russe : auprès de la version gravée par Benedetti-Michelangeli, on tient là une des lectures les plus virtuoses et profondément senties de ce cahier schumannien qui dissimule l'inquiétude sous la réjouissance.
Une merveille aussi que ces "Papillons" : dans ces douze saynètes, le clavier de Richter s'anime d'une respiration ininterrompue, nimbée de reflets chatoyants malgré une frappe en acier trempé (écoutez le kaléidoscope de l'épisode « prestissimo » en si bémol mineur !)
Au sein de la pléthorique discographie pianistique consacrée au compositeur saxon où les plus grands artistes se sont illustrés, il est parfois difficile de s'y retrouver pour le néophyte.
Ce CD est un de ceux qui sont vraiment prioritaires.
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4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5
Pour la Fantaisie op. 17, 8 décembre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Schumann : Fantaisie op. 17 ; Carnaval de Vienne ; Papillons (CD)
Oui, la Fantaisie op. 17, enregistrée en studio, est très réussie. Le carnaval de Vienne et Papillons sont de belles versions, malheureusement enregistrées en public : et les toux et bruits de salle sont nombreux, notamment dans le merveilleux Intermezzo du Carnaval. Quand on écoute l'oeuvre plusieurs fois pour la découvrir, cela devient gênant. Qui plus est, les applaudissements de l'enregistrement public ont été coupés, ce qui nous prive de ce plaisir en compensation des toux...
Richter tape (très) fort pour les forte, et joue très (très) doucement les pianissimo... si bien que même au casque, il faut parfois tendre l'oreille pour deviner telle ou telle note (parfois on entend même mieux les acouphènes...).
Pour tous ces enregistrements il s'agit du son des années 60.
L'audiophile pourra préférer la version studio Kissin/RCA Red Seal de la Fantaisie, jouée sur un Steinway avec une prise de son magnifique, et couplée à une version enthousiasmante de cet autre chef d'oeuvre qu'est Kreisleriana, op. 16.
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