Enregistrés de 1966 (le Carnaval) à 1980 (le Concerto), les Schumann d’Arrau sont les plus " complets " que je connaisse : ils sont à la fois sévères, architecturés, magistraux, comme ceux de Pollini, et poétiques, secrets, habités, comme ceux d’Yves Nat. Le tourment, le rêve, l’exaltation, mais aussi la composition, l’architecture : tout Schumann est là, présent, dans un son d’une richesse exceptionnelle. Ecoutez les " Etudes symphoniques " ou la " Sonate n° 1 " : quel pianiste a su y trouver une telle richesse sonore ? Ecoutez le CD 4 qui contient les " Scènes d’enfants ", les " Kreisleriana " et les " Scènes de la forêt " : n’est-ce pas là l’équilibre parfait entre l’effusion et la construction ? Ecoutez enfin le " Carnaval " et les " Davidsbündlertänze ", vous y trouverez la fantaisie de Schumann, mais rien d’anecdotique, rien de facile ou de voyant : l’unité, la construction, qui mène au cœur des choses, ne sont jamais oubliées.
Cet ensemble est donc magnifique et permet, mieux qu’aucun autre, de découvrir ou d’approfondir Schumann.