Voici que Thomas nous ressort sa « science » pour la deuxième fois en 2006, parrainé par Philippe Starck. Et le mot est lâché, à suivre une démarche scientifique, l'ami Thomas ne serait pas devenu un poil roublard ? Certes, il y a du savoir faire chez cet artisan, ce type est prodigieusement doué mais pourquoi au fait ? Plus pour le contenant que pour le contenu semble-t-il. Les chansons, contrairement au précédent opus, fonctionnent moins par mélodie, sont globalement moins évidentes. Le style Dybdahl reste caractéristique : d'abord, une voix, caressante, enjôleuse, angélique, noire puis blanche, toute en envolée ou en retenue et puis, ensuite, un son, clair, limpide, qui sert la voix ; un peu trop clair, un peu trop limpide, on aimerait par moment que cela sente la poussière, l'usure, la fatigue, on aimerait entendre Bonnie Prince Billie, et on se dit qu'on entend une belle resucée de Tim Buckley. Les percussions plus présentes sonnent clinquantes, la guitare est trop décorative ; bref, le charme opère moins car l'opération de séduction est plus visible. Il n'empêche que « science » reste magnifique, certes, derrière « on day, you'll dance for me new york city » , mais à s'y attarder, à se laisser prendre, Thomas Dybdahl sait tutoyer la pop des anges : un soupçon d'Elliott Smith, une rasade de Robert Wyatt et un lichette de Jeff Buckley. Mais qui est Thomas Dybdahl ?