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7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Vers la grande lumière;re blanche,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Scintillation (Broché)
La mouise a fait de ce pays son domaine, la misère son royaume, la crasse son séjour de prédilection. Un patelin où le mieux à faire est encore de mourir. Il y a aussi des gens venus sur terre pour recevoir le seul étron météorisé qui tombera du ciel en un millénaire. Et quand le hasard, toujours à l'affut d'un mauvais sort, joue l'entremetteur de mauvaise augure en réunissant ces gens et ce pays, alors on est à Intraville, et là on est vraiment mal.D'entrée de jeu cet Intraville a des airs à l'Ecorcheville de G.O. Châteaurenaud (1), un autre lieu zarbi séparé de son «autre rive», destination sans retour. Ici sous la trompeuse couverture du thriller c'est un voyage dans l'absurde d'une misère sans espoir de guérison que nous offre l'auteur. Mais une misère dont le coupable n'est rien d'autre que le misérable lui-même, parce qu'il ferme les yeux et se soumet sans combat en échange d'une paix trompeuse, d' une torpeur mortifère, d'une souffrance par facilité. Le monde est un travail mal fait, irréparable en l'état et seul un retour à la hutte, une remise à zéro des compteurs, pourrait donner une nouvelle chance à l'humanité, mais encore faudra-t-il lui enseigner à éviter ses erreurs passées. A l'Intraville les enfants sont déjà des adultes des fois qu'ils n'aient pas le temps de vieillir. Mais au fond Intraville est un monde idéal car il est sans espoir. La misère c'est une routine à laquelle on s'habitue et qui en nous offrant chaque jour le pire au menu, ne nous déçoit jamais. Rassurant en quelque sorte. Dans une prose d'une rare brillance que la traduction ne semble pas altérer, l'auteur nous livre un véritable conte fantastique et onirique qui nait dans les convulsions nauséeuses d'un monde à bout de souffle pour disparaitre dans le sublime scintillement de la grande lumière blanche. Parfois l'érudition du petit Léonard nous semble irréaliste, mais c'est sans doute parce que notre logique cartésienne veille encore à la protection de son royaume. (1) voirL'Autre Rive de G.O. Chateaureynaud Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
poème noir,
Ce commentaire fait référence à cette édition : Scintillation (Broché)
Thriller noir à la manière de "Seul le silence" de RJ Ellory,long poème en prose magnifique,métaphore ecologique,roman new âge un peu lassant,"Scintillation" est tout ça à la fois.Les personnages sont tous intéressants et magnifiquement campés,et c'est truffé de références littéraires ou cinématographiques.Particulièrement addictif,ce livre laissera sur leur faim les amateurs de thrillers classiques où tout se révèle à la fin...
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Ne pas passer à côté !,
Ce commentaire fait référence à cette édition : Scintillation (Broché)
Je classe ce livre dans les thrillers, mais en est-ce vraiment un ? Certes, la trame principale repose sur l'enlèvement d'adolescents, mais ce roman est foisonnant d'autres thèmes. Tout d'abord un décor que l'on situe mal dans le temps, fait de zones urbaines malsaines, empoisonnées, ou même la nature qui reste semble corrompue. Ensuite les personnages installent aussi le décor adjacent, celui de la renonciation, de la lâcheté quotidienne, de la culpabilité, de la violence. Seul Léonard semble autre que tout cela. Par sa soif de culture, de références, de curiosité. Rien ne lui fait vraiment peur, et il va en payer le prix à deux reprises. Ceux qui connaissent un film rare : Stalker, un film russe qui ressemble à un ovni métaphysique, trouveront des similitudes dans le paysage que présente John Burnside, et même dans l'intrigue (y compris une référence directe). MAis le plus étonnant dans ce roman, c'est l'écriture. Nous sommes pourtant dans le registre de l'introspection, genre qui me lasse souvent, mais là, je tire mon chapeau à l'auteur. On ne s'ennuie pas un instant, l'empathie nous guide et nous rend aussi lucide et aveugle que Léonard... Paradoxe, je sais, mais justement... Je ne sais que dire d'autre de ce roman étonnant, il faut le lire, c'est tout ; et même le relire, car certaines choses, ces variations d'éclat, n'apparaissent pas forcément à la première lecture. Ne passez surtout pas à côté de cet auteur. D'ailleurs je vais vite me commander un autre roman de Burnside : Les empreintes du Diable.
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