Si le film n'est pas forcément le plus à même à proposer un disque de démo, force est de constater que les nombreuses expérimentations de Wright sur Scott Pilgrim en jettent en HD.
Partant d'un transfert immaculé (normal pour une production récente de ce genre), le Blu Ray propose une image soutenant parfaitement les nombreux partis visuels du film. Que ce soit le contraste ou les couleurs ou la gestion de la compression, Universal a sorti un disque permettant de (re)découvrir le film dans des conditions optimales et de profiter de toute la folie démentielle qu'envoie le film.
La VO 5.1, toute efficace qu'elle est, est à la mesure du film : surchargée, et partant dans tous les sens. Ainsi, la spatialisation est de tous les instants, efficace, directive et précise, mais la piste semble régulièrement brouillonne, la faute à un caisson surchargé qui finit par noyer par moment la piste. Le générique, par exemple, semble trop frontal et bas-du-front, et manque d'ouverture pour vraiment impressionner. Cependant, certains passages sont excellents, comme la bataille de basses entre Scott et Todd, ou le passage contre les jumeaux Katayanagi.
Image : 9/10
Son (VO 5.1) : 8.5/10
Film : 8.5/10
Attention à ceux qui se lancent dans l'aventure : Scott Pilgrim VS The World va vite. Très vite. Le défi d'Edgar Wright est en effet de taille : condenser 6 tomes de 1200 pages au total en 1h55 de film. Autant dire que la tâche est conséquente et le tempo plus qu'enlevé, au service d'une trame de fond ô combien éculée (notre héros va devoir gagner le coeur de sa belle en affrontant ses 7 ex petits amis démoniaques), mais servie par une originalité visuelle et de ton complètement folle. Amis épileptiques et autres personnes souffrant de troubles de l'attention, bonsoir, donc. Pour les autres, mieux vaut s'accrocher, car piquer du nez 5 minutes, c'est l'assurance de se réveiller avec l'impression d'avoir changé de film, tant Scott Pilgrim saute de scène en scène sans se poser de questions, semant les catch lines ci et là.
On pourra reprocher un manque d'alchimie entre le couple principal, Michael Cera et Mary Elizabeth Winstead, ainsi que des seconds couteaux parfois peu attachants (Knives Chau, notamment), mais Edgar Wright s'en fout : il a un timing à respecter. Et pour cela, il utilise tout ce qui est possible de faire pour rendre hommage aux multiples références présentes dans les comic books originels : musique, effets sonores, effets visuels, décors, vêtements, cadre, tout ce qui lui passe par la tête fini à l'écran : des combats avec des épées 8-bit, des accélérés x 1000 pour revenir en arrière comme après une recharge de sauvegarde, des combats punk rock surpuissants, des seconds rôles qui se fendent la gueule (Chris Evants, Brandon Routh, Brie Larson, Jason Schwartzmann, mais surtout Kieran Culkin qui enflamme l'écran à chaque apparition) en split screen, j'en passe et des meilleures, même s'il faut évidemment sabrer dans le matériel original (le grand regret étant autour du final face à Nega Scott qui perd toute l'intensité émotionnelle du comic).
C'est le mélange de choses parfaitement improbables ensemble mais brassant ô combien large (mais visiblement pas assez pour Universal qui n'a pas réussi à marketer le film en France) : ça claque, ça se bastonne, mais on y trouve donc une jolie histoire d'amour presque compliquée, du jeu vidéo à fond les ballons soit de quoi rameuter le public de Kick Ass + un public un peu plus jeune à qui Kick Ass n'était pas forcément adapté + un public féminin pour lequel, là aussi, Pilgrim est probablement plus adapté.
Scott Pilgrim VS The World, c'est fun, c'est enlevé, mais chez moi, c'est aussi girlfriend approved + parents approved + brother approved, soit le triple gage d'un film capable de rassembler large autant que ça brasse large, dans la joie, la bonne humeur et le punk 8-bit.
8.5/10