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2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Chicago-boogie-blues-tribal,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Scufflin' (CD)
Magic Slim, né Morris Holt, est un de ces fameux guitaristes chanteurs qui ont élaboré ce que l'on appellera le Blues du « West Side sound de Chicago ». Mais, à contrario de ces collègues et amis (comme Magic Sam), son style reste enraciné dans la tradition du Mississippi. Son Blues, loin des sophistications, a quelque chose de foncièrement rurale, de profondément viscérale et tribale. Ses rythmiques chaloupées, lourdes, entêtantes, hypnotiques, prennent aux tripes. D'ailleurs en concert, Magic Slim a le don d'envouter son auditoire dès les 1ères minutes, pour ne plus le lâcher avant qu'il ne soit exténué. Un réel instant exaltant.Pourtant son jeu est assez rudimentaire, mais néanmoins expressif (avec un vibrato, aux doigts, souvent insistant), s'appuyant sur la technique du fingerpicking avec onglets, il se repose essentiellement sur des boogies pesants, mid-tempo, métronomiques, soutenu par une batterie monolithique et une basse plus chaloupée, presque funky parfois (longtemps jouée par son frère Nick Holt). Seulement, voilà, Morris n'interprète pas sa musique, elle fait partie de lui-même. Il ne joue pas son Chicago-boogie-blues-tribal, c'est tout simplement une émanation de sa personne. Sa voix est forte et autoritaire, mi-rauque, mi-voilée ; sa guitare, une Jazzmaster Fender, possède une saturation naturelle, crunchie, générée par un ampli martyrisé par le volume sonore, car Magic joue fort, très fort (du moins pour un bluesman des 60's), en poussant un peu plus que les autres le potentiomètre d'aigüe de son Fender « Deluxe Reverd ». Il est soutenue par un deuxième guitariste qui, en plus d'épaissir le son, apporte un jeu, en comparaison, plus fin lorsqu'il peut prendre quelques rares soli (ce fut longtemps John Primer, It's a Blues Life) à la place du maître de conférence. Cet album, initialement sorti en 96, le présente dans une forme extraordinaire bien qu'il est déjà à ce moment là 59 ans. C'est du brut ! Du raide ! La prise de son semble direct. Pas de « chichi ». Autant de reprises que d'originaux, dont 2 composés par son frère. Pas un seul temps mort. Même les deux seuls slow-blues sont emprunts d'un climat lourd. Et les reprises sont assez personnalisées pour ne pas dénoter avec l'ensemble du répertoire. Un manifeste du Chicago Blues. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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