Critique
Parce qu’on peut y relever ici ou là quelques citations en directe ligne d'
Histoire de Melody Nelson de Serge Gainsbourg,
Sea Change reste l’album de Beck préféré des Français.
Parce qu’il sert d’exutoire à une séparation amoureuse (mais le garçon se consolera bien vite), il est nourri de romantisme, et de déchirement pudique. Parce que le chanteur n’a déjà plus grand-chose à prouver, les chansons en sont immédiates, percutantes, et définitives. Parce que la production en a, une fois encore, été confiée à Nigel Goldrich, les strates harmoniques fonctionnent comme des couleurs timides, sur la palette d’un peintre introverti.
Parce que le temps passe, et que la maturité vient, le défilé sonique de Beck se fait moins trépidant, moins exhibitionniste (on l’a compris, le garçon est doué en tout). Parce que la vedette a du goût, il a invité le mésestimé Jason Falkner, grand chanteur devant l’Amérique, et ici sensible guitariste. Parce que personne – absolument personne – ne peut résister aux glissandos de la steel guitar, et au chant navré, dans
« The Golden Age », on écoute cette chanson d’ouverture, encore et encore. Et pour toutes les raisons qui précèdent, cet album est une merveille.
Premier disque de Beck à se classer dans les charts de Grande-Bretagne,
Sea Change atteindra le Top 10 américain, ce qui n’est pas trop cher payé pour un instant de grâce.
Christian Larrède - Copyright 2012 Music Story