Ce disque est effectivement extraordinaire, aussi barré que du free-jazz mais aussi construit que les meilleures folksongs. Comment décrire Buck 65 ?
On dirait le capitaine Haddock débitant en rap des tranches de vie d'une voix travaillée au whisky, en s'accompagnant à la guitare folk (réhaussée de quelques violons), tout en scratchant du bout des orteils sur la platine , pendant que derrière lui le batteur groove sec ...
Il vout faut des noms ? Alors le canadien est le chaînon manquant entre l'authenticité de Willie Nelson, la profondeur étrange de Tom Waits, l'éclectisme tous azimuths de DEUS et le sens de l'humour de ce dingo de Gonzales (avec lequel il a une complice commune en la personne de Feist...).
Ou encore, Buck 65 réalise, en mieux, les chef-d'oeuvres qu'on aurait attendu de la part de Beck s'il celui-ci avait eu assez de talent pour surpasser la fusion hip-hop / folk / pop psyché de son premier vrai album "Mellow Gold".
En bref, aussi étonnant qu'indispensable ! achetez cet album les yeux fermés, il y en a pour tous les gouts et l'authenticité n'y est jamais feinte. Quels que soient les arrangements choisis l'émotion est bien au rendez-vous.
Divine surprise !