Juana Molina fut une présentatrice star de la télévision argentine. Puis elle s'est, il y peu tournée vers la musique.
Et bien lui en est.
Et de clore le débat la classant hâtivement dans la catégorie des reconversions parfois heureuses ou accidents de parcours (souvent malheureux) des Carla Bruni, Loana, O.Winter, et autres Lova Moor, version antipodes.
Mais J. Molina écrit, chante, joue et compose.
Et elle le fait bien. Ou plutôt de manière idiosyncrasique.
Elle tisse des ritournelles entêtantes et décalées au moyen d'une guitare simpliste, d'une boîte à brouiller délicatement les rythmes et de quelques filtres et programmes informatiques bidouillés, calquant dessus sa voix éthérée, en fredonnant, en susurrant.
Pas vraiment une chanteuse mais un agréable timbre de voix brouillé comme à la sortie de l'adolescence. Pas vraiment non plus une musique bien définie mais une sorte de folk aérien flirtant sur la dangereuse tangente de l'electro-ambient (aie !). L'impression de tourner les pages d'un petit herbier sonore dénué de toute intention précise ou haute ambition qui en fait du coup un bel objet aux vibrations graciles.
Un ovni discret qui nous rappelle qu'il existe deux hémisphères, même dans le monde très occidentalisé et de la musique.