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5.0 étoiles sur 5
rêverie dans un jardin anglais, 16 août 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Selling England By The Pound (2007 Remaster + DVD Bonus) (CD)
Le classique de Genesis. Le premier à utiliser le synthétiseur, cet album tranche également avec les deux précédents, bien mieux produit. Steve Hackett a d'ailleurs pu dire, bien des années plus tard, qu'il faudrait ré-enregistrer "Foxtrot" et "Nursery Cryme", en particulier la section rythmique; c'est en quelque sorte ce qu'il a fait avec son "Genesis Revisited" de 1995, même si ce projet s'adresse surtout aux fans de Genesis (il est vrai très nombreux de part le monde, encore aujourd'hui), et même si la track-list couvre toute la discographie du groupe (du moins celle où figure Hackett). Curieusement, j'ai toujours trouvé le son de "Trespass" très bon, tout comme l'album d'ailleurs. Pourtant, on est assez loin de cet album et encore plus des suivants paradoxalement, et pas seulement au niveau du son, même si on trouve ça et là des similitudes inévitables. "Selling England By The Pound" est un mélange d'ancien et de moderne, au niveau des textes comme de la musique, et nous ramène dans une Angleterre passée et mythique non sans faire des commentaires sur ce qu'elle est devenue à l'époque actuelle.
Quatre morceaux importants sont entrecoupés de titres beaucoup plus courts, en forme d'interludes, sauf le tout dernier qui reprends un thème du premier, bouclant ainsi la boucle. Ces longs titres à la construction savante et à l'interprétation sans faille, montrent un groupe arrivé à maturité.
1 - "Dancing With The Moonlit Knight" - Le début rappelle celui de "Trespass", Gabriel qui entonne a capella : "Can you tell me where my country lies... ?" Le reste aussi me rappelle le deuxième album du groupe, cette incroyable alchimie entre les différents instruments (piano, guitare 12 cordes, orgue, percussions, mellotron), ses envolées ponctuées de solos de guitare électrique, ses passages rêveurs, tout en subtilité (le début et la fin du morceau). Un titre admirable, touffu mais sans la moindre note de trop, huit minutes qui passent presque trop vite.
2 - "I Know What I Like" - Une chanson qui tranche avec le reste de l'album, d'une structure très simple, couplet/refrain, et que l'on retrouve sur toutes les compilations du groupe (la seule de la période Gabriel avec "The Carpet Crawl" de l'album suivant).
3 - "Firth Of Fifth" - L'une des pièces maîtresses de Genesis, majestueuse. Après la très belle partie chantée (on en retrouvera des réminiscences dans certains passages du premier album de Peter Gabriel - voir "Humdrum"), commence la longue section instrumentale : c'est la flûte qui introduit, puis le piano du début refait son entrée avant de laisser la place au synthétiseur, alors que la rythmique est revenue, préparant l'émouvant et grandiose solo de guitare de Steve Hackett. Enfin, P. Gabriel reprends la mélodie principale, imposante, et le morceau s'arrête de manière soudaine, volée de notes au piano qui s'éloignent rapidement...
4 - "More Fool Me" - Chanté par Phil Collins, mais rien à voir avec la voix claire et puissante qu'on lui connaîtra par la suite. Une chanson en forme de parenthèse, presque insignifiante. L'intérêt est surtout le fort contraste qu'elle forme avec la précédente et la suivante, la plus longue du disque.
5 - "The Battle Of Epping Forest" - Un morceau long, trop long à mon goût, et tarabiscoté, très tarabiscoté. Pourtant, j'aime certains passages, surtout le début et la fin d'ailleurs (ponctuée encore une fois par un beau solo de S. Hackett). Mais il vaut surtout pour ses paroles satiriques et humoristiques, et pour la prestation de Peter Gabriel qui joue le rôle de tous les acteurs de cette drôle d'histoire de gangs pas très méchants dans l'est de Londres (East-End Heroes), en changeant sa voix à chaque fois qu'il incarne tel ou tel personnage.
6 - "After The Ordeal" - Après l'épreuve, le repos. Cet instrumental est l'un de mes titres préférés du disque, avec une belle osmose entre la guitare de Steve Hackett et le piano de Tony Banks. Un "mid-tempo" bucolique, magnifique, un prélude à l'après-midi d'un faune à la belle mélodie franche et objective, et qui s'en va trop vite, fade away lumineux.
7 - "The Cinema Show" - Romeo & Juliet vont au cinéma ce soir. Mon morceau préféré de l'album avec le tout premier, c'est aussi le plus long de l'album après "The Battle..." mais infiniment plus réussi que ce dernier. Assez proche de "Firth Of Fifth", dans la construction comme l'atmosphère, sauf que c'est la 12-cordes qui fait l'introduction et que le grand solo final est dévolu au synthétiseur. Un solo marathon, vertigineux, et qui se termine par de magistrales cascades de tierces. Tony Banks se surpasse dans ce finale épique époustouflant. On peut entendre également, entre deux parties vocales, de très beaux passages d'une infinie subtilité, comme de la dentelle sonore, cordes, flûte, synthétiseur entremêlés. Pas de reprise chantée cette fois; ce qui tient lieu de reprise est le morceau suivant, qui s'enchaîne directement...
8 - "Aisle Of Plenty" - Un tout dernier titre en forme de plainte, juste le temps de reprendre un des thèmes de "Dancing With The Moonlit Knight", et il s'évanouit à son tour.
Cet album merveilleux, sans doute le meilleur de la période Gabriel et l'un des tout meilleurs de Genesis, n'a pas pris une ride.
P.S - L'art-work est une peinture de Betty Swanwick intitulée "The Dream", en phase totale avec le contenu.
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1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Un son ciselé pour un album génial, 12 septembre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Selling England By The Pound (2007 Remaster + DVD Bonus) (CD)
Evidemment, l'intérêt de cette remasterisation réside dans le DVD 5.1. Si vous possédez un ampli 5.1 et que vous aimez Genesis, procurez-vous cet album ! Nick Davis a fourni un excellent travail sans en transformer le principal : il a rendu tous les instruments plus audibles sans dénaturer le mix original. Les sons sont sont superbes : la guitares 12 cordes et les basse/pédalier basse de Mike rutherford, la guitare électrique et classique de Steve Hackett, la batterie de Phil Collins, les claviers de Tony Banks, la voix et la flûte de Peter Gabriel. Tout est renversant, même les morceaux que je trouvais un peu moins intéressants (Battle of eping forest, after the ordeal), je les ai redécouverts !
Quant au Cd stéréo, je ne l'ai pas écouté (aucune utilité quand on a le 5.1).
Allez écouter "Selling England", c'est une musique travaillée et pensée où chaque note a son importance !
en ce qui concerne les bonus vidéo, ils ont un intérêt d'archives : prise de son d'époque et images moyenne, mais c'est Genesis avec Gabriel !
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