Dans ce deuxième tome de l'adaptation en bande dessinée du célèbre roman de Jean Raspail "Sept cavaliers quittèrent la ville au crépuscule par la porte de l'ouest qui n'était plus gardée", le lecteur retrouvera le colonel-major von Pikkendorf et ses hommes parvenus au Cap Sud après une longue chevauchée désespérante qui aurait dû ramener l'espoir. Les voilà maintenant qui s'enfoncent de plus en plus à travers les territoires de la frontière, réfractaires à toute civilisation...
Cette adaptation qui à première vue, aurait pu sembler impossible tant cette oeuvre littéraire était poétique et ambitieuse, est une magnifique réussite. Les images remplacent les mots et par la force des choses imposent des paysages, des décors, des visages et une atmosphère qui invite à une véritable relecture du roman auquel elles donnent une sorte de nouvelle jeunesse. La BD semble plus noire, plus crue, plus sauvage et plus tragique que l'oeuvre originale sans doute, mais elle reste dans la droite ligne de la pensée de l'auteur qu'elle illustre, magnifie ou décrypte. Alors que rares sont les auteurs qui ne sont pas trahis par leurs adaptateurs (graphiques ou cinématographiques), Raspail, lui, a été épargné. Il a même trouvé en Jacques Ternant une sorte d'alter ego visuel d'un immense talent qui le sert sans se servir et sans dénaturer son texte.