John Burns est un homme d'un autre temps : Cow Boy dans l'âme , il voyage uniquement à cheval , ne possède ni maison , ni famille , ni Carte d'identité et encore moins de sécurité sociale .Lorsqu'il apprend que son ami, Paul, est emprisonné à tort , il provoque une bagarre pour être incarcéré à ses côtés et le faire évader . Lorsque celui ci révèle à Burns qu'il est désormais responsable d'une famille et préfère rester en prison pour ne pas la mettre en danger , notre cow-boy part seul dans la montagne .
Commence une chasse à l'homme entre le vieux roublard à cheval dans la montagne et la police équipée de voiture et d'hélicoptère . Technologie contre la ruse !
Quel film magnifique ! Dans son autobiographie
Le fils du chiffonnier. Mémoires , le dernier des géants , Kirk Douglas, indiquait que ce film était son préféré dans sa foisonnante filmographie . On le comprend !
Le scénario de Dalton Trumbo est admirable ! Construit comme une tragédie , il se passe tellement de choses dans ce film à la richesse allégorique impressionnante qu'elles rappellent qu'un bon Western permet des réflexions philosophiques et existentielles aussi riche qu'un Bergman !
John Burns est un homme d'honneur : lorsqu'il se bat dans un bar contre un manchot , il n'utilise qu'une main . Lorsqu'il a la possibilité de s'enfuir seul dans la montagne , il refuse de quitter son cheval . Burns incarne à la fois un homme libre , ivre de grands espace et l'immaturité adolescente incapable de s'adapter aux responsabilités de la vie . Il est rare qu'un film ne ridiculise pas les opposants au héros . Ici , Paul choisit de ne plus courir l'aventure pour prendre soin de sa famille . Son point de vue est respecté par le réalisateur . Comme la police , incarnée par le placide Walter Matthau qui poursuit notre héros sans haine et une certaine compassion . Gena Rowlands incarne quant à elle la sécurité et le plaisir de la vie de famille à laquelle Burns tourne le dos .
Tourné dans les années 50 , Seuls Sont les Indomptés sonnait le glas du rêve hippie avant même qu'il ait commencé !
La liberté de l'homme n'est qu'illusoire ; elle doit forcément s'inscrire dans la société , ses lois , et son industrialisation . Ce refus des conventions conduira notre cow boy pacifique à sa perte . Le rêve est fini . Comme un gamin qui refuserait de grandir ...
30 ans avant , on peut voir en SSLI une préquelle de ...
Rambo ! Nature contre culture ! Civilisation contre Liberté ! Un homme seul prisonnier de son passé contre la police garante de la loi !
Kirk Douglas , qui avait déjà incarné
Spartacus [Blu-ray] pour Kubrick ( la liberté ou la mort ! ) du même Trumbo est sublime : son langage corporel traduit sa lenteur , symbole à la fois de sa nonchalance , de son âge et de son parcours à rebrousse poil . Son visage souriant , quelque soit les circonstances déclenche l'empathie immédiate du public à son égard . Il est l'ami idéal , celui sur qui l'on peut compter quelque soit les circonstances . Lorsque Douglas après avoir courageusement tenu tête aux flics est renversé par un camion , le spectateur est bouleversé . Ce sourire , il le perd pour la première et dernière fois . La machine a écrasé le cheval . L'autoroute a broyé le Cow Boy . Et lorsque l'on apprend que ce camion contenait des Latrines , c'est mythologie américaine qui part aux toilettes ...
Un film puissant, lyrique , généreux porté par la partition de Jerry Goldsmith , qui , tiens , signera la musique de Rambo ! 61 ans après sa sortie , Seuls Sont les Indomptés ( Nom de Dieu ! Ce Titre ! ) continue d'écraser la concurrence qui tente de marcher sur ces plate bandes que ce soit dans l'hexagone avec le décevant
Le Grand soir ou le très surestimé
Into the Wild.
L'image a été bien retravaillée par rapport à la VHS , le doublage français reste de qualité et le son reste très correct malgré un grésillement rappelant le bruit d'un vinyl , imperfection qui achève de donner au film son charme .