Après le politico-expérimental Monster, Steppenwolf en a fini d'haranguer ses fans avec ses chansons à pseudo-messages et redonne sa place à la musique. Marri de n'avoir pas accroché les charts depuis un bon moment (ce n'est pas avec un répertoire contestataire et incitatif à la rébellion que les radios vont leur donner du temps d'antenne), Steppenwolf tente, avec ce Seven (cinquième album studio de 1970), de redorer son blason en revenant aux bases gagnantes : du lourd, encore du lourd, toujours du lourd. Je n'ai pas été tendre avec les deux albums précédents (et je confirme) ; je suis plus enthousiaste pour ce disque, bien meilleur. Avec George Biondo en lieu et place de Nick Saint-Nicolas à la basse, Steppenwolf revisite un genre graveleux dans lequel il est passé maître et retrouve cette efficacité qui lui a fait défaut l'espace des deux derniers opus. Il en découle une belle collection de chansons comme Ball Crusher, Forty Days And Forty Nights, l'autobiographique ballade Renegade, Who Needs Ya, Hippo Stomp, ainsi qu'une belle reprise (Snowblind Friend) d'un artiste qui leur est familier, Hoyt Axtons (The Pusher sur l'album éponyme de 1968). Et puis il y a cet instrumental au nom imprononçable, sorte de jazz-rock mélodique assez sympa. Cet album met également à l'honneur les multiples facettes de John Kay, hard rock singer et à l'aide dans un registre acoustique (Snowblind Friend), ainsi que l'apport ô combien important de la doublette Byrom et Biondo, notamment au chant. Seven est très intéressant, mais sans grandes envolées. Mais je m'en contente.