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5.0 étoiles sur 5
promenons nous dans les bois, 24 janvier 2006
Suite à l'impressionnante compilation "join the dots", c'est au tour des premiers albums du groupe d'être réédités, ici on replonge avec délice dans le premier opus de la fameuse trilogie : "17 seconds - faith - pornography". En dehors du CD original remasterisé, un petit livret d'une vingtaine de pages nous raconte un peu l'histoire de cet album, on apprend entre autre qu'à cette époque le bassiste originel Michael Dempsey est évincé car il n'aimait pas du tout les titres de seventeen seconds, il partira chez les Lotus Eaters au profit du fabuleux Simon Gallup (une des meilleures choses qui soient arrivées à Cure !), d'autre part Cure va assurer pendant cette période la première partie de Siouxsie et c'est d'ailleurs Smith qui sera pendant la tournée à la fois guitariste de Cure et des Banshees. Pour ceux qui n'auraient pas encore le CD original, il s'agit d'un disque qui s'écoute avec plaisir sans jamais révéler tous ses mystères (cette magnifique et mystérieuse pochette). Les deux faces assez similaires commencent par deux intros énigmatiques : a reflection, the final sound, se poursuivent avec deux morceaux d'anthologie (play for today, a forest), on fait alors le plein de mélancolie (secrets, at night, in your house, 17 seconds), un classique. Le second CD proposé ici offre à la manière d'un documentaire, des inédits : deux morceaux composés par Smith et Gallup avant que celui-ci ne rejoigne Cure (I'm a cult hero, Dig you), ces titres plutôt énergiques ressemblent à du Blur première période. On les retrouve en live plus tard sur le CD ainsi que la plupart des morceaux de 17 seconds, un détail intéressant qui n'échappera pas au fan de base :les paroles des versions live de "17 seconds" et "in your house" ne sont pas du tout les mêmes que sur le disque. A posséder pour ses senteurs brumeuses et boisées donc.
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5.0 étoiles sur 5
Minimalisme déroutant pour LE disque culte, 29 novembre 2007
SEVENTEEN SECONDS : voilà bien pour moi le premier exemple qui me vient à l'esprit pour définir ce qu'on appelle dans le jargon musical un disque culte. Ce qui est exceptionnel, avec ce disque et avec d'ailleurs la plupart des grands disques de Robert Smith et ses divers comparses, c'est que chaque admirateur en a sa propre définition, vision, représentation, et sensations.
Pour certains, c'est le disque le plus honnête de Cure : le moins boursouflé, celui dont le son ouaté est le plus finement évocateur, et celui qui contient le morceau emblématique du groupe (et de bravoure en concert), A Forest.
Pour d'autres, c'est le plus important de leur discographie, définition du fameux son Cure inimitable - mais souvent imité, première étape de la fameuse trilogie glacée, qui éclatera ensuite dans un sommet quasi expressionniste de violence, de colère et d'intensité avec Pornography. En somme, tout est déjà en friche dans Seventeen Seconds.
Pour moi, c'est un peut tout ça réuni. Avec en plus un constat majeur: il s'agit d'un album rare. Rare, et dense. Rare, parce que l'album est épuré au strict minimum musical, ne contenant finalement que très peu d'instruments (une caisse claire assourdie, une basse étouffée, quelques grains parsemés de guitare cristalline, un clavier cotonneux, une voix monotone), très peu de textes, et... très peu de notes. Et dense, parce que le minimalisme de Seventeen Seconds, justement, emmène loin, loin, l'auditeur, avec ... aussi peu de notes.
Pour ma part, ce disque est à jamais associé à l'espace restreint de ma chambre, où j'ai épuisé jusqu'à la moëlle Seventeen Seconds pendant une longue période. Perdu dans le brouillard et les brumes crépusculaires créés par la musique, il me semblait à l'époque que ce disque avait été enregistré pour moi seul, que personne ne l'avait jamais écouté comme je l'avais fait, que personne ne l'avait jamais compris. Je ressens encore la paralysie qui m'avait envahie à la première écoute de Seventeen Seconds, et les sentiments, encore confus, sont tellement nombreux qu'ils me donnent encore une curieuse sensation de vertige. Voilà probablement pourquoi Seventeen Seconds représente pour moi une magistrale prouesse artistique, déroutante : le fait qu'un album aussi épuré m'ait donné l'illusion qu'il n'appartenait qu'à moi, que moi seul en connaissait l'accès secret. Et ça, c'est énorme.
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5.0 étoiles sur 5
Dans les brumes de la mélancolie, 23 janvier 2004
Ce commentaire fait référence à cette édition : Seventeen Seconds (CD)
Dire que "17 seconds" est le premier disque d'une fameuse trilogie est quelque peu trompeur : ce disque n'a ni le désespoir profondément gris de "Faith", ni la noirceur gothique et violente de "Pornography". C'est plutôt un disque blanc (à l'image de sa pochette floue), impressionniste, à la mélancolie suave et surtout, aux mélodies pop limpides.Pourtant, rien de compliqué dans cette musique : Robert Smith le confesse lui-même, "mon secret de guitariste, c'est que je ne m'entraîne jamais" : et tant mieux, loin des guitar-heroes fatigants, il tisse des arpèges étonnants de simplicité, parfois maladroits, mais remarquables d'efficacité (notamment sur le long et culte "A Forest"). Les deux autres (Gallup et Tolhurst) ne sont pas en reste : boucles rythmiques au bord de l'apoplexie, basse ronronnante comme un chat asmathique, synthétiseurs vaporeux ... cette musique souvent lente, aime à se perdre dans les brouillards de la mélancolie, dans les brumes du songe, et dans les bruines de l'adolescence. A noter que, outre le cultissime "A Forest", l'album contient également deux perles absolues : "Play for today" et la méconnue "M". Ce qui fait qu'on pourrait presque trouver une seconde trilogie pour ce bijou, qui est aussi la suite du rose post-punk "3 Imaginery Boys" et l'annonciation de l'équilibre pop de "The Head on the door".
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