1970. James Brown est en passe d'être dépassé par l'allumé Sly Stone et sa Family. Le maître se doit donc de réagir et « Sex Machine » sera donc le disque de la rupture. Son groupe de musiciens est viré, un autre embauché, constitué autour des frères Collins (Bootsy, 17 ans à la basse, son frère Catfish à la guitare).
Les deux groupes, l'ancien et le nouveau sont présents sur ce faux-vrai disque en public (le nouveau groupe est enregistré « live » en studio, le « public » est rajouté au mixage). James Brown pulvérise au chant ses classiques et oriente sa musique vers le futur, épurant au maximum les structures rythmiques qui deviennent obsédantes, les cuivres ne servent plus que de ponctuations répétitives, le chant lui-même tend vers le cri ... La différence saute aux oreilles entre le nouveau groupe (au début du Cd), et l'ancien, beaucoup plus « classique » dans ses interprétations.
Pièce de choix : « Sex Machine », morceau dont existent quarante douze mille versions sur autant de compilations différentes, mais dont aucune ne vaut celle, turgescente livrée ici, avec le contre-chant du fidèle Bobby Byrd.