C'est étrange comme personne ne se serait attendu au retour des Vaselines. Une poignée d'EP essentiels, un seul album, et puis plus rien, en attendant que l'inspiration soit de nouveau là. Kurt Cobain, en les reprenant - on se souvient encore avec émotion de sa réinterprétation de "Jesus Wants Me For A Sunbeam" - avait bien compris l'esprit punk qui animait le duo formé par Eugene Kelly et Frances McKee. Alors que fait-on quand on choisit finalement de revenir après presque vingt ans d'absence ? On retrouve intact son sens du cynisme, on chante en duo, un coup on se répond l'un à l'autre, un coup je chante, un coup tu fais les ch½urs, et surtout on continue de composer avec ferveur des chansons sur trois accords comme si c'était la première fois qu'on les écrivait et que l'auditeur les entendait. Une certaine éthique du punk, que l'on s'applique aussi à soi-même, comme pour dire qu'on en restera là après, et que résume assez bien l'excellente conclusion de « Sex With An X », "Exit The Vaselines". Et puis on demande de l'aide auprès de musiciens de Belle And Sebastian, entre écossais on se retrouve pour arranger ces morceaux de twee-pop et de rock poisseux, et dont chaque titre est un appel à la désinvolture : "My God's Bigger than your god", "Sex With An X", "Ruined", et surtout "I Hate The 80's". C'est d'ailleurs sûrement le texte le plus drôle que l'on peut entendre sur cette période : « What do you know ? You Weren't there. It wasn't all Duran Duran. You Want The Truth ? Well, This is it. I Hate the 80's 'cause the 80's were shit ». Le genre de texte qui nous venge du premier hipster venu à nous vanter les joies des années 80 alors qu'il n'avait que 2 ans en 1986 et que ça fait "branché" d'aimer Gang of Four. Douze titres et puis c'est fini. Il y a de fortes chances pour que ce disque soit leur adieu définitif. Pas le temps de s'attarder ou de faire un énième comeback. The Vaselines ne sont pas Charles Aznavour. The Vaselines ne sont pas Anglais. Ils sont Écossais. Peut-être que pour vous, ça ne veut pas dire grand-chose...