Je n'ai lu que 2 romans de cet auteur à qui on prédit le Nobel, et j'avoue que j'en retire une impression mitigée.
J'ai pris du plaisir à lire « Sexy », un réel plaisir même.
Joyce Carol Oates nous décrit un univers banal et familier, un lycée dans une petite ville des Etats-Unis, qui vit au rythme des troubles et des urgences d'adolescents, un lycée fier de son équipe de natation, où les beaux gosses électrisent l'épiderme des filles.
C'est bien écrit, c'est vivant, mais on s'emm.....un peu. Toujours les mêmes histoires....
Et tout d'un coup l'auteur dynamite cet univers fermé, replié sur lui-même. Par un évènement abominable, une dénonciation calomnieuse, une accusation de pédophilie portée contre un professeur pour un banal renvoi. Le genre d'ignominie réservée habituellement aux adultes, pour d'autres affaires, dans d'autres lieux.
Et là, Darren, l'adolescent de 16 ans, ne comprend plus très bien dans quel monde il vit. Il est poussé par ses copains à un faux témoignage, et freiné par sa morale qui risque de les perdre.
J'aime beaucoup le style de Joyce Carol Oates. Mais ce qui est étrange avec elle (pour le peu que j'en ai lu), c'est que j'oublie vite ce qui m'a procuré ce plaisir. Après quelques jours il ne reste plus grand-chose de cette lecture, comme si j'avais été le témoin distrait d'un banal fait divers.