Joni Mitchell est devenu au fil des ans une des artistes majeurs de la musique américaine.
Partie d'un folk soyeux au début de sa carrière "Lady of the canyon" elle su mieux que quiconque marier toutes les influences de la musique contemporaine de son pays (et pas seulement le jazz comme dans le superbe "Mingus") pour nous offrir ensuite une carrière totalement originale et inclassable.
Ce concert est un enchantement, tous les morceaux sont révitalisés par la magie du live et par une bande de joyeux drilles qui deviendront des stars : Michael Brecker au sax, Pat Metheny aux guitares, Lyles Mays (acolyte de Pat pendant plus de 20 ans) au piano, Don Alias aux percussions et l'indomptable Jaco Pastorius à la basse.
De "Coyotte" à "Goodbye Poor Pie Hat" de Charlie Mingus, de "Heartland" (hommage à son Iowa natal) à "Woodstock" les titres s'enchainent sans temps mort et on a l'impression d'entendre une joyeuse jam entre amis auquel par miracle nous serions conviés.
Attention une jam faite par des pros, car coté musique il y a là de jeunes talents qui sont déjà en pleine possession de leurs moyens : voire à ce sujet les glissés de Jaco, le solo de Pat Metheny et l'empoignade mémorable entre Pastorius, Alias et Brecker sur le délicieux "The Dry Cleaner from Des Moines" !
Sur les bases d'une musique pas toujours très accessible, mais qui devient vite irrésistible au fil des écoutes, le groupe soudé comme un seul homme (mais dirigé par une femme, mais quelle femme !) nous fait partager SA version de la musique avec une grand M, comme vingt ans plus tôt pouvaient le faire Stan Getz et Bill Evans, Miles Davis et John Coltrane.
Une disque parfait qui n'a pas pris une seule ride.
Un live terriblement authentique et diablement dansant dès que l'on est "entré" dans l'univers musical de Joni Mitchell.
Raison de plus pour réecouter les quelques chefs d'oeuvres que nous a laissé Miss Joni Mitchell pour qui Jimmy Page et Robert Plant (fans absolus de la dame) ont composé "Going to California" sur le IV de Led Zeppelin...