Le troisième opus des Australiens, en partie enregistré quelque part entre Melbourne et Sydney, souffre d’un handicap notable, et c’est bien celui de faire suite à un coup d’essai (
Get Born en 2003), écoulé à près de quatre millions de copies, et à un deuxième album (
Shine On en 2006) aux performances bien plus modestes.
On imagine la pression pesant sur les frêles épaules de ces jeunes gens, certes rockers avérés, mais pas moins êtres humains. Ces atermoiements sont balayés d’un revers de guitare par ces émérites praticiens d’un mixing talentueux entre la hargne de grands frères (AC/DC), ou le sens inné du rock éternel de leurs parrains (The Rolling Stones). En tout état de cause, la musique de Jet est rien moins qu’internationale (l’album sort dans l’univers entier en même temps), recyclant à l’aulne de la technologie contemporaine les fondamentaux de The Offspring ou de Scorpions, d’un hard mélodique à la pop la plus langoureuse (
« She Holds a Grudge », tube de l’été de toute éternité).
Quelques inflexions punks colorent
Shaka Rock (du nom d’un district du Natal), rappelant que les Sex Pistols n’ont pas œuvré en vain, mais les douze vignettes de l’album indiquent clairement, toutefois, que les boys ont des lettres : du faux reggae à la Police de
« Beat on Repeat », infléchi par une relecture du
« Harlem Shuffle » de la bande à Jagger, au joyeux écho de l’intro de
« My Sharona » de The Knack (le single
« She’S a Genius »), en passant par la douce ballade
« Seventeen », qu’on penserait composée au piano par Paul McCartney, et la guitare psychédélique de
« Goodbye Hollywood » (on a beaucoup répété sur
« Paint It Black », les garçons, mmmh ?), le quatuor démontre amplement qu’il n’est pas là pour se poser des questions existentielles, mais bien assumer sa position d’entertainer.
Considéré ici ou là (les gens sont méchants) comme de simples revivalistes, Jet se positionne en fait comme les talentueux amplificateurs d’une époque, qui mêle toutes les cultures et toutes les musiques, pop, rock, et reggae inclus. Guitares tendues et chansons dans les starting-blocks, le combo bénéficie des arguments pour relever le challenge.
Christian Larrède - Copyright 2012 Music Story