Enfin, le voici, l’album tant attendu de la part de ce musicien et auteur compositeur si doué mais si inégal.
Paru dix huit mois après son grave accident de moto, dont sept sans toucher une corde de guitare,
Shangri-La (le « paradis perdu ») regorge de morceaux épatants, preuves de l’inspiration retrouvée, pour plus d’une heure de musique, quatorze titres dont la moitié font partie du répertoire de scène de ce héros local, signe de leur popularité et de la fierté de leur auteur.
Le premier donne le ton au reste :
« 5.15 A.M. » est la relation d’une affaire criminelle (d’où le « bandit manchot » qui orne la pochette) qui fit grand bruit en Grande-Bretagne en 1967 (et qui inspira le film
La Loi du milieu de Mike Hodges avec Michael Caine en 1971). Et le deuxième
« Boom, Like That » est inspiré de la vie du roi du hamburger et responsable de générations d’obèses à travers la planète, Ray Kroc.
La variété des thèmes est insolente, il utilise mieux sa voix de baryton qui n’avait pourtant convaincu personne, et son jeu de guitare n’a rien perdu de sa superbe, ne se répétant jamais et souvent un régal.
« Song For Sonny Liston » est un hommage ( ?) au célèbre boxeur américain sulfureux (oncle de B.B. King - d’après le journaliste Nick Tosches -), déjà célébré par ses pairs, Phil Ochs, Billy Joel, Nick Cave, Morrissey, Tom Petty, le Wu Tang Clan et… les Beatles sur la pochette de
Sgt. Pepper’s. Le pastoral
« The Trawlerman’s Song » et le mélancolique
« Our Shangri-La » dominant le lot. Quant à
« Donegan’s Gone » il s’agit là aussi d’un hommage, au chanteur et guitariste de skiffle Lonnie Donegan disparu deux ans plus tôt, influence majeure sur toute une génération de musiciens britanniques des années 60.
Jean-Noël Ogouz - Copyright 2012 Music Story