Incroyable ! J'ai déjà vu des vrais concerts avec les Pierres qui roulent, des kilomètres de documents aussi. J'ai souvent eu le regret de constater qu'on ne filme pas les Stones au petit bonheur la chance. Un concert des bluesmen est une partie de leur vie. Martin Scorcese prouve qu'il faut être passionné par leur vérité, leur musique, leur âme. Visages (tous, Buddy Guy, Jagger), exploits (Jagger, presque toujours, Buddy, le son), finesse, risques (le chaos incroyablement maîtrisé par l'instinct de survie), humour (Keith, clinton, wood, Gran Ma Clinton, Scorcese), amitié (Keith, Mick, partageant le micro, face contre face (Faraway eyes) et l'envie de toujours donner plus, et d'oser vieillir. (Beaucoup de beauté dans les portraits que les géniaux chef-opérateurs engagés sur le projet osent arrêter sur les visages, les mains, les détails), Scorcese nous offre le document ultime sur les Stones, celui qui restera. "Stones at the Max", distribué dans les géodes du monde entier, "Stones à Rio" sur la plage de Copacabana, le "R.S.circus", "Gimme shelter", etc.. sont pourtant passionnants. Une set list remarquable, des moments d'anthologie, "As tears go by", "Shattered", "She was hot", "Some girls", j'en passe et des meilleurs. Ne quittez pas votre siège avant la phrase finale durant le générique de fin. "Shine a light" est dédicacé à Mr Ertegun (Pdg du label Atlantic, décédé d'une chute dans les coulisses du show, au Bacon theatre). Cet instant, à l'image du film, touche au coeur. Et que dire du mixage novateur qui, enfin, explique en partie l'alchimie, la broderie, et l'alliance entre silence et chaos qui fait des Stones le groupe inimitable ? Le soleil, la lune, les Stones, oui, c'est bien çà.