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4.0 étoiles sur 5
chef-d'oeuvre lyrique du XXè siècle, imparfaitement interprété, 16 octobre 2009
Le second opéra de Chostakovich a été créé en 1934 à Leningrad. Succès considérable durant deux ans, en Russie et à l'étranger, jusqu'au moment où Staline se décide à son tour : l'œuvre disparaît du jour au lendemain de l'affiche et tombe dans un purgatoire de plus de 20 ans, jusqu'à sa révision musicale et livresque en 1958 pour devenir Katerina Ismaïlova. Nouveaux succès et retour de la version originale, ici enregistrée, en 1979. Encensée par la critique, cette version originale «enfin» disponible est loin d'être idéale : le rôle titre tenu par l'épouse de Rostropovitch et amie du compositeur était fait pour elle,,, 20 ans plus tôt. Malgré une présence impressionnante et sans équivoque dans ses intentions scéniques, la tessiture force dans les aigus, manque de souplesse en général. Gedda dans le second rôle est lui convaincant et sait plier sa voix aux différentes facettes de son personnage (vulgaire, provocateur, séducteur). Le rôle du beau-père tenu par D. Petkov manque malheureusement de présence, et il aurait pu aller beaucoup plus loin dans la caractérisation. Tous les autres rôles sont hélas tenus par une distribution internationale non-russophone sans présence, qui ne laisse aucun souvenir impérissable. Les rôles dits « secondaires » de cet opéra sont assez bien écrits pour avoir un interprète digne de les mettre en valeur. On passe ici à côté. S'il n'y avait eu que G. Vishnevskaya pour soutenir à bout de bras l'enregistrement, on courait donc à la catastrophe. Heureusement, Rostropovitch était dans ses grands jours (contrairement aux versions des symphonies), et sa rage, sa frénésie, son absence de léché collent bien à l'écriture puissante de Chostakovich. Le fait même de théâtraliser certaines scènes (bruits de succion de la soupe, cliquetis des clés, rythme cinglant des coups de fouet - absents il me semble de la version de Chung-, hurlement final - faisant froid dans le dos) apporte un plus à un réalisme plus qu'explicite (scène de viol, scènes d'amour, scènes de meurtre). La réussite imparfaite de cette version sera relativisée par le brillant orchestre philharmonique de Londres, qui y est aussi pour quelque chose.
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Jusqu'à ce que mort s'ensuive, 21 février 2011
Techniquement, on a connu - à la scène, surtout - des voix moins critiquables. Mais cet enregistrement nous livre, dans son ensemble, une version de référence. Malgré son "âge", Vishnevskaya demeure sublime de bout en bout, par son engagement, sa violence, sa théâtralité incendiaire. Gedda est sublime. Quant à Rostro, il me surprend totalement. Chef systématiquement médiocre, voire pire, il s'est ici complètement surpassé, trouvant des ressources, un dynamisme, une furia que l'on serait bien en peine de trouver dans d'autres prestations. A cela, je ne vois qu'une réponse - ou plusieurs: il est littéralement magnétisé par son épouse, la splendeur orchestrale de la phalange mise à son service - et l'enjeu: après tout, Lady Macbeth, avec Boris Godounov, c'est non seulement le plus bel opéra russe qui soit, mais aussi l'un des plus beaux opéras de l'histoire de la musique. Alors, ne pinaillons pas face à un tel chef-d'œuvre. Croyez-moi, vous le repasserez régulièrement, des années durant, jusqu'à ce que mort s'ensuive.
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