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Créée à Moscou le 31 janvier 1974 par Evgueni Nesterenko et Maxime, le fils du compositeur au pupitre (la version avec piano avait été créée un peu plus de quatre mois auparavant par le même chanteur, mais à Leningrad), la Suite sur onze poèmes de Michel-Ange appartient aux neiges éternelles de l'inspiration du Chostakovitch ultime, aux côtés de la Sonate pour alto et piano, des Six Poèmes de Marina Tsvetaeva et du Quinzième quatuor à cordes, autant de tentatives désespérées pour communiquer une dernière fois l'indicible nostalgie d'un créateur agonisant, miné par la déchéance physique et sentant, même, ses facultés intellectuelles se dérober. Il s'agit ici d'un soliloque poignant, plus grandiose et austère que véritablement pathétique, d'ailleurs, du créateur avec le pouvoir, la personne divine du Créateur, et avec lui-même, face au doute et à l'impuissance, ouvrant non sans persiflage sur l'"Immortalità" du dernier poème.
Thomas Sanderling, le talentueux fils de l'illustre Kurt, avait, en 1978, donné un enregistrement de référence de la version allemande de la suite -autorisée par le compositeur-, avec l'excellent Hermann Christian Polster (Berlin Classics)Suite sur des poèmes de Michel-Ange op.145a. Trente-cinq ans après, il la reprend dans une nouvelle version, rétablissant, avec le très érudit concours du baryton Gerald Finley qui s'en explique dans un intéressant texte de présentation), les textes princeps italiens de Michel-Ange, à peine adaptés pour tenir compte de l'écriture initiale de Chostakovitch, prévue pour des traductions russes.
Cette première mondiale - enregistrée an studio, à la différence du reste du programme-, loin de trahir l'œuvre, me semble la magnifier. Tout comme la version allemande, déjà remarquable, la version italienne, magnifiquement "insérée" dans la prosodie russe de départ, me paraît rendre l'essence métaphysique et la musicalité innée des textes avec infiniment plus d'acuité et, surtout, de distinction, que le russe, idiome prosaïque, rude et coloré qui m'a toujours gêné dans cette œuvre. Tout comme dans le précédent enregistrement de Sanderling, mais avec encore davantage d'évidence, on assiste ici à l'incroyable conjonction entre un chanteur au sommet de son art et un chef considérable, très proche de ce que l'on connaît de son père, notamment dans ce répertoire qu'il fréquente depuis toujours. Le résultat est un miracle de grandeur et de gravité, peut-être moins terribles que dans la version de 1978 (nettement plus lente : 46'50 contre 43'34 ici), de sobre puissance, de distinction habitée, d'extrême profondeur, tant à l'orchestre, tour à tour grandiose, frémissant, froid, énigmatique, tranchant, diapré, d'une somptueuse beauté plastique qu'à la voix, assez claire et relativement légère, mais magnifiquement ample qui, sans surjouer en rien (voir l'affreux plantage de Fischer-Dieskau avec Ashkenazy, par exemple) laisse respirer un timbre et une ligne superbes en une déclamation sobre, mais d'une puissance d'une intensité et d'une perfection d'élocution simplement exceptionnelles, sans oublier d' alléger et éclairer, aux rares moments où la partition l'exige.
Le grand récitaliste qu'est Finley se retrouve dans une autre première mondiale, celle des Six Romances de 1942, données ici pour la première fois dans la version pour grand orchestre du compositeur (on connaissait la version de chambre, notamment gravée par Leiferkus/Järvi - DG- ou Suleimanov / Jurowski - Capriccio-) et, ici aussi, dans les textes d'origine, anglais. Il s'agit de compositions très antérieures (1942) mais de haute maturité, orchestrées plus tard dans une atmosphère raréfiée proche du climat des deux dernière symphonies, avec, dans le 3ème volet, Macpherson's Farewell, une anticipation du scherzo de la 13ème symphonie ("L'humour"). Les thèmes déjà récurrents de la solitude, de l'oppression morale, de l'enfermement et de la mort toujours menaçante y sont abordés avec une rare acuité et une pénétrante économie de moyens, jusque dans l'humour cynique du dernier volet, le plus court, et le seul à laisser tout l'orchestre vraiment sonner. Gerald Finley y déploie, avec un tact infini, les mêmes qualités que précédemment, en phrasés grisés et sensibles, d'une hauteur de vue exceptionnelle.
Entre les deux œuvres, une ballade écossaise, "Annie Laurie", vient instiller une merveilleuse pointe de tendresse et de poésie dans cet univers oppressant.

Ce disque, qui a l'imprimatur de la fille du compositeur, doit désormais à mon sens figurer au premier rang de toute discothèque chostakovienne.

Prise de son moelleuse et ample, excellemment spatialisée. Textes de présentation an anglais et finnois seulement. Textes chantés non traduits en français.
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