CHRONIQUE DE PHILIPPE BASCOU MAGAZINE ENFER NOVEMBRE 1983 N° 7 Page 47
2° ALBUM 1983 33T Réf : WEA 90289
Alerte MOTLEY CRUE est de retour ! Un an après les rouages de "Live Wire", les quatre américains au look infernal, qui allie glam rock et punk, débarquent avec un deuxième album "Shoot at the Devil", la pochette est très luxueuse, surtout au verso, où nos quatre héros démoniaques apparaissent, au centre du cercle diabolique, en sur-impression. Quant à l'intérieur, je vous laisse découvrir, mais si vous manquez d'idées, quant à la tenue, que vous allez adopter au prochain concert, il y a de quoi s'inspirer. L'album, lui, m'a quelque peu déçu. Attention, non pas d'une manière absolue, mais relativement, à ce qu'on pouvait attendre de MOTLEY, surtout après leur premier album. Aussi ce disque demeure un excellent album de heavy metal, mais MOTLEY CRUE
avait la possibilité de frapper plus fort encore. Le net progrès se situe au niveau de la production (merci M. Werman), le son a gagné de la puissance et le côté artisanal du premier album a totalement disparu. Mais n'était-ce pas tout le charme de MOTLEY CRUE ? Il faut attendre la deuxième face, avec "Too young to fall in love" et "Danger", pour retrouver ce côté un peu fou de la musique des CRUE et ce son magique si caractéristique de
"Live Wire". Les autres titres sont pourtant d'excellente facture : "Shoot at the devil", où Vince Neil fait apprécier sa technique de chant, sur des breaks irrésistibles, "Bastard" et "Red Hot" les plus rapides, qui permettent de déclencher de belles bousculades en concert. MOTLEY CRUE s'en prend même aux Beatles, en exécutant pour "Helter Skelter" à leur manière, Pat Benatar, qui l'a également repris, n'a toujours pas compris !
"Look that kid", "Knock'em dead, kid" et "Ten secondes to love" (dix secondes seulement ?) construits sur des petits riffs de guitare répétitifs sont agréables, sans plus. MOTLEY CRUE apparaît comme un groupe soudé, sans leader excessif, bien que Nikki Sixx, le bassiste, soit le principal compositeur. Pour ma part je retiendrai la performance de leur chanteur Vince Neil, qui confirme son grand talent. Sa voix aiguë et légèrement cassée fait penser à celle de Steven Tyler (Aerosmith), d'ailleurs "Danger" qui clôture l'album, lentement et en beauté, n'est pas sans rappeler le superbe "Dream on" sur ce point. En fait, tout en restant en deçà de leurs possibilités, MOTLEY CRUE réussit à surpasser une bonne partie de la production heavy de cet automne, c'est tout de même un signe.